Ador et son univers décalé

Lors d’une balade street art à Nantes, je suis tombé sur une oeuvre où le personnage avait une grande tête, un peu plus loin c’est sur un autre mur que  j’ai admiré une fresque immense où de multiples personnages me semblaient jouer une scène dans un désordre absolu. En quelques instants je venais de découvrir le style du Street Artiste ADOR. Lors du voyage à Nantes, l’artiste Ador en duo avec Sémor, investissent la ville de Nantes avec des œuvres impressionnantes. Que ce soit sur un mur ou tout autre support, l’imaginaire d’Ador nous transporte et c’est avec plaisir que l’artiste nous en dit plus sur son univers.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Surtout dessinateur et peintre, je cherche à décliner un univers à travers des dessins, des toiles, des murs, des volumes et depuis peu des vidéos.

Comment as-tu découvert le monde du graffiti et pourquoi as-tu voulu plonger dedans à ton tour?
Né dans la génération où les peintures murales fleurissent de partout, tant avec le tag que les fresques, j’ai naturellement eu envie de proposer une image dans l’espace public, dessinant depuis jeune. Surtout poussé par l’idée de réaliser une image à plusieurs, le support qu’est le mur permet l’espace physique de travailler à 2, 3, 20 en même temps sur le même support.
Je ne sais pas trop comment ça s’appelle mais il y a un réel engouement depuis quelques décennies autour de cette esthétique omniprésente dans nos sociétés et notre époque.
Dessiner de vilains bonshommes chez soi c’est chouette, mais être accompagné pour en faire des plus grands à la vue de tous c’est chouette aussi.

Pourquoi as-tu choisi de te nommer Ador?
Un nom qui ressemble à un prénom, qui parle de goût et qui sonne enfantin.

Où trouves-tu ton inspiration avant de réaliser une oeuvre?
Surtout dans la rue qui est pleine de phénomènes, mais aussi dans les films et les expos nuls.
J’aimerais bien ne pas la trouver dans la télévision. Et bien sûr je regarde beaucoup ce que font les autres.
Plus on a de mots plus on parle, alors je cherche à garnir mon vocabulaire et je fouille en dessinant. Et des fois je rigole tout seul alors je me dépêche de réaliser ce qui me semble indispensable sur le moment et puis je recommence à chercher autre chose.

Comment qualifierais-tu ton style ?
Je suis mal placé pour en juger. J’aimerais bien que cela ressemble à un casting où le réalisateur cherche un type marrant et élirait Vincent Lindon. Mais si ce n’est pas clair, j’aime autant parce que j’aimerais bien qu’il y ait plusieurs possibilités de lecture. Absurde et grave, badin et rigolard.

Comment qualifierais-tu le monde du Street Art aujourd’hui ?
L’appellation m’ennuie, enferme, réduit, clive. Le monde de l’art de notre époque jouit d’un tout-permis alors je ne peux qu’être d’accord avec quelques uns de ceux qui dessinent sur les murs. Le street art c’est à la mode, la mode fabrique des boys band, les artistes contemporains sont souvent ennuyants… Art, street art, art populaire, je ne sais pas. En tous cas, toutes ces pratiques ressemblent bien à notre époque. Soit, je bénéficie de cette tendance street art urbain de la rue.

Dans les années à venir quel est le projet que tu souhaites réaliser ?
J’aimerais collaborer avec un clown ou un dresseur de bêtes sauvages. Mais je ne sais pas encore trop comment, mais j’ai des pistes. Sinon j’aimerais bien faire un film qui tourne en boucle, toujours avec ce clown et ce dresseur. Et j’aimerais bien qu’à la fin, le clown meurt.

 

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