C’est la Java à Yogyakarta !

Après avoir passés la journée de Noël dans des aéroports ou dans des avions, nous avons atterri tard dans la soirée à Yogyakarta, en Indonésie.

L’Indonésie

Avant tout, quelques mots sur l’Indonésie, pour planter le décor, un peu différent des autres pays asiatiques que nous avons traversés.

L’Indonésie, c’est en fait environ 17 000 îles, parfois immenses et très peuplées comme Java, souvent minuscules, oubliées et désertes. Beaucoup n’ont même pas de nom. Seules 6 000 d’entre-elles sont habitées. Les principales et plus connues sont : Sumatra, Java, Bali, Sulawesi, Bornéo.

Nous, nous avons atterri sur l’île de Java, où nous passerons une quinzaine de jours, puis nous irons sur l’île de Bali pour les 15 jours restants.

Changement majeur : la religion. En effet, alors que les autres pays traversés étaient majoritairement bouddhistes, l’Indonésie est majoritairement islamique. L’Indonésie est la première nation musulmane au monde par le nombre de pratiquants et possède près de 750 000 mosquées. Près de 90 % de la population est musulmane.

 Nous avons donc troqué nos temples pour des mosquées avec les appels à la prière au moins cinq fois par jour.

Et encore, ce n’est pas vrai partout. En effet, il suffit juste de traverser le détroit entre l’île de Java (majoritairement islamique) et l’île de Bali (hindouiste) pour avoir l’impression de changer complètement de pays (et de fuseau horaire).

Autre changement, les paysages : les volcans, les mers et les éléments ont façonné la géographie de l’archipel.

Revenons à nos moutons.

Notre arrivée à Yogyakarta 

Nous avons donc atterri à Yogyakarta, (Ngayogyakarta Hadiningrat, le nom officiel de Yogyakarta en javanais) dans le petit aéroport de Adisucipto qui se trouve à environ 10 km du centre-ville.

À la sortie de l’aéroport, il y a un petit panneau indicateur qui nous montre où se trouve la station de bus. Les chauffeurs de taxi, que nous avons gentiment refoulés, restent beaux joueurs et nous indiquent également la bonne direction. Nous marchons quelques mètres et arrivons à une sorte d’arrêt de bus protégé. Nous avions repéré au préalable près de quel arrêt de bus se trouvait notre hébergement (sur internet vous trouverez facilement la carte des bus de Yogyakarta, on y a accédé avec le wifi gratuit de l aéroport), nous montrons l’arrêt au contrôleur de la station, il nous indique le bon bus à prendre, nous payons nos tickets et nous patientons…nous patientons…plusieurs bus passent plusieurs fois devant nous, mais jamais le notre. Notre fameux bus 3B finit par arriver après 40 minutes d’attente. C’est un bus assez petit mais il y a de la place pour tout le monde. Nous reprécisons notre arrêt de bus au contrôleur du bus cette fois-ci (tout en gardant un œil sur maps.me). Après une heure de trajet, le contrôleur annonce notre arrêt, on descend. Il fait nuit bien sûr, pas facile de se repérer dans cette nouvelle ville malgré maps.me. On se perd un peu aux alentours de notre hébergement. On demande notre chemin à un groupe de jeunes qui grattouillent la guitare sur leur terrasse. Ils connaissent, et deux d’entre eux nous escorterons jusqu’à notre guesthouse. Sympas !

Nous arrivons à la guesthouse où nous sommes chaleureusement accueillis par une jeune fille qui accueille une partie de sa famille pendant les vacances. Nous avons donc séjourné avec la mère, nièce et neveu, très accueillants et toujours souriants.

Le dortoir est propre et agréable, composé seulement d’un lit superposé et d’un lit simple, resté inoccupé pendant notre séjour. Petit skype à la famille pour Noël, puis on prend le courage de ressortir pour manger un bout. On voit un homme qui prépare des soupes dans sa charrette, ça fera très bien l’affaire. On s’installe par terre sur une natte, indonesian style ! À 23h extinction des feux sur ce jour de Noël.

La ville de Yogyakarta 

Le street art : non loin de la guesthouse se trouve tout un quartier où le street art est omniprésent. C’est un bon moyen de découvrir la ville tout en se faisant plaisir à chasser les œuvres des artistes indonésiens.

Il fait très beau et très chaud, je recherche les coins d’ombre pendant qu’Antoine s’émerveille et photographie les graffs. Il y consacrera tout un article dans les prochains jours.

La place Alun-Alun Selatan : elle se trouve à 10/15 mins à pied de notre hébergement. Place très animée le soir car c’est là où se retrouvent les familles et les amis. L’ambiance est très agréable, nous avons adoré cet endroit.

Faire un tour de voiture à pédale : Nous sommes tout de suite attirés par de nombreux véhicules très colorés. En se rapprochant, on voit que ce sont des voitures à pédales tunées avec de nombreux néons et décorations, avec la musique à fond. C’est excellent ! C’est très kitsch mais on adore le principe. Les gens s’éclatent à bord des véhicules : kart, calèche, dodoche, van… allez on se laisse tenter comme des gamins. On prend un petit kart et on fait un tour de la place. Les gens s’amusent beaucoup à nous voir à bord de notre beau véhicule. Très bon enfant, on fait des coucous et des hellos.

Faire réaliser un vœu : Au centre de la place trônent deux grands arbres dits « jumeaux » mais qui ne le sont pas vraiment, l’un étant plus grand que l’autre (comme des jumeaux me rétorquerez vous). Bref. Situés à 50 m de ces deux arbres, il y a des petits repères par terre. But du jeu ? Faire un vœu, se placer à l’un des repères, se bander les yeux, et avancer en direction des deux arbres. Si vous arrivez à passer entre les deux arbres alors votre vœu se réalisera.
Il y a des loueurs de bandeaux, mais nous on avait pris le notre (masque de nuit). On a d’abord pris le temps d’observer les autres personnes se prêter à l’exercice qui semble facile et pourtant ! Beaucoup dévient de leur trajectoire ce qui fait bien rire tout le monde. Je me lance la 1ère ! Je me place à un repère, je masque mes yeux et je commence à avancer. Je garde un contact audio avec Antoine car c’est un peu angoissant tout ça quand même. Il m’empêche aussi d’être complètement à côté de la plaque parce qu’il est effectivement très difficile de ne pas dévier de sa trajectoire ! C’est donc avec un peu d’aide que j’arrive à passer entre les deux arbres ! Même chose pour Antoine, je lui donne des indices sur sa trajectoire pour qu’il ne finisse pas trop dans les choux. Mission accomplie. Nos vœux se réaliseront !

Marcher sur des échasses : Sur la place il y a également des échasses mises à disposition pour vous permettre de tester votre équilibre. Il y a différentes tailles, différentes hauteurs. Certains s’en sortent très bien, avec une aisance déconcertante. Pour d’autres c’est un peu plus compliqué. En tout cas nous avons bien ri.

Dîner pour pas cher : tout autour de la place il y a des petits bouis-bouis où vous pouvez déguster un « nasi goreng » avec un « es the » pour pas cher. Des petites tables sont installées sur des nattes.

Le Taman Sari ou le « château d’eau » : Tamansari est l’un des bâtiments historiques du Palais du Sultan ou Keraton Yogyakarta. Tamansari signifie « un beau jardin ». Construit par Sri Sultan Hamengku Buwono I en 1758 Tamansari était un lieu de récréation et un lieu de baignade royal mais également un lieu de retraite pour le sultan de Yogyakarta et sa famille. Tamansari, aussi connu comme le « château d’eau », a une architecture particulière et dispose de plusieurs piscines.

Le Tamansari avait trois fonctions principales : un lieu de défense et un abri ; un lieu religieux ; un lieu de récréation : piscine, jardin, jeux d’eau, lac artificiel (le Sultan venait batifoler avec ses maîtresses secrètement). Aujourd’hui on peut voir deux bassins principaux, la chambre du Sultan et des pièces vides. On peut également voir des remparts, des grandes portes sculptées. L’ensemble est assez joli et la promenade est agréable.

Nous ne ressortons pas par l’entrée principale mais nous nous engageons dans des petites ruelles graffées, pour le plus grand bonheur d’Antoine.

Le Kraton ou le Palace : le Kraton est un grand complexe où on y trouve le Palais du Sultan, des expositions et musées, des mosquées, des boutiques, c’est grand, très grand. Il y a également des spectacles de danses ou de musiques traditionnelles. Nous avons la chance d’en avoir vu un, généralement entre 10h et 12h. On doit avouer que l’ensemble ne nous a pas vraiment passionné, peut être est-ce la chaleur qui a eu raison de nous ?

Malioboro Street : grande rue principale, le « Champs Élysées » d’Indonésie…mouaif. Des trottoirs surchargés de boutiques ayant pignons sur rue, toujours les mêmes choses de boutiques en boutiques. Beaucoup de monde à marcher sur l’étroitesse du trottoir. On a fait qu’un petit bout de la rue, et ça nous a bien suffit.

Les magasins/galeries de tableaux en batik : nombreux en ville, pas facile de s’y retrouver entre les vrais batik et les batik d’usine vendus à des prix exorbitants (les vrais batiks ont des faces identiques d’un côté comme de l’autre du tissu). Au départ, nous n’étions pas trop chauds pour visiter une galerie, de peur de se faire avoir, d’être déçus ou d’être harcelés par les vendeurs. Puis sur conseil d’une personne rencontrée, nous avons été à Batik Ori-Art Group Art School. Nous avons été accueilli par un jeune homme et nous avons rejoint un groupe de 4 touristes venus visiter la galerie. Le jeune homme nous a expliqué le processus traditionnel du batik, comment cela fonctionnait. Il nous a même fait tester. Cela a été très intéressant. Ensuite, nous avons pu déambuler tranquillement dans la galerie, sans pression d’achat. Les prix sont clairement indiqués, pas de surprise, pas de négociation. Après de nombreuses hésitations sur les modèles, nous avons fini par craquer pour l’un. Il y a de tous les prix. Des batiks pas chers car faits par des élèves et des batiks beaucoup plus chers faits par des maîtres, le prix varie aussi selon le nombre de couleurs utilisées ainsi que le support (soie, coton,…). De toutes dimensions, avec différents styles. De quoi trouver son bonheur. Nous avons été ravis de cette visite et initiation gratuite.

Oui oui oui je connais la question qui vous brûle les lèvres ! J’aurais dû commencer par ça ? Qu’est ce que le batik ? C’est une technique de teinture de tissus. Il existe des galerie de tableaux, mais il y a également des vêtements en batik.

Je vous mets un extrait du Petit Futé qui explique beaucoup mieux que moi : il prend l’exemple d’une œuvre à 3 couleurs : « l’œuvre sera formée de trois couleurs : rouge, bleu et jaune. L’artiste trace d’abord les contours du dessin, protégeant par de la cire chaude les tracés qui ne seront pas rouges. Une fois ce long travail achevé, il plonge le tissu dans un bain de couleur rouge. Une fois le tissu séché, il retire la cire, et en applique de nouveau sur les endroits maintenant rouges, ainsi que sur tout ce qui ne sera pas coloré par la seconde couleur, mettons le bleu. Il répète l’opération de teinture, puis encore une fois applique la cire pour terminer la dernière teinture, en jaune. Plus il y a de couleurs, plus le travail est long (imaginez répéter tout ce processus avec dix couleurs…)« .

Pratiquer son anglais : vous serez très certainement sollicités par des groupes d’étudiants qui veulent pratiquer leur anglais. Ils arrivent à plusieurs, ils vous demandent si vous acceptez de répondre à leurs questions. Si la réponse est oui, ils dégainent leur caméra, appareils photos, dictaphones, c’est très intimidant ! Nous on prévient toujours que nous ne sommes pas des as de l’anglais, mais ça n’a pas l’air de les déranger.

Il est également agréable de tester les bécaks motorisés ou non (cyclopousses), d’observer des bâtiments insolites, de préparer votre argumentaire pour répondre « non » poliment à toutes les sollicitations et propositions de vous emmener dans des galeries de batik, de répondre à tous les sourires qui vous seront fait, de faire une partie de ping-pong endiablée dans la guesthouse, de tester la nourriture indonésienne (on y consacrera un article), de manger avec les mains, etc.

Il est également intéressant de louer un scooter pour s’éloigner de Yogyakarta et partir à l’assaut des tempes de Borobodur et de Prambanan ou bien de se frotter au volcan Mérapi. La suite dans les prochains épisodes !

 

Infos pratiques :

  •  Ticket de bus de l’aéroport au centre-ville : 3 500 roupies indonésiennes, soit environ 0€21
  • 1 bol de soupe street food : 10 000 roupies indonésiennes, soit environ 0,62€
  • 1 tour de la place à bord d’une voiture à pédales : 30 000 roupies soit environ 1€86
  • 1 place au Kraton : 15 000 roupies soit environ 0€93 + 1000 roupies pour prendre des photos soit environ 0,06€
  • 1 place pour le Taman Sari (Water Castle) : 15 000 roupies soit environ 0€93
  • 1 nuit en dortoir au Rumah Yogya : 75 000 roupies/pers soit environ 4€65

 

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