De Yangon au Rocher d’Or

Période de festival oblige, il fallait réserver en avance ses tickets de bus pour aller du Lac Inle à Yangon. Ce que nous n’avions pas prévu. Il n’y avait donc plus de place pour les bus de journée, mais il restait l’option bus de nuit. On dit oui, pourquoi pas, comme ça on arrivera directement frais et dispos tôt le matin à Yangon pour découvrir la ville. Ça c’était la théorie.

Le trajet Lac Inle-Yangon en bus de nuit

En pratique, il est 18h, il fait nuit, et nous attendons notre « VIP bus » à la station de bus. Jusque là tout va bien, malgré le fait qu’il arrivera avec 20 petites minutes de retard, mais ne soyons pas chipoteurs. Il y a déjà du monde dans le bus, et nos places réservées sont déjà occupées. On nous colle dans le fond, où il y a une rangée de 3 sièges. L’une des place est déjà prise, Antoine s’installe au milieu, face au couloir, et moi au côté disponible. Les sièges semblent plutôt confortables, malgré le fait que les nôtres ne soient pas inclinables (fond du bus souvenez-vous) et qu’ils soient cassés : nous n’avons pas de repose-jambe. Dormir assis dans un bus de nuit c’est un peu ballot quand même. Le gars du bus nous donne des petits tabourets pour pouvoir étendre nos jambes. Ça doit être ça le service VIP. Le bus démarre, entame ses premières routes sinueuses. Le chauffeur roulera comme un fou, à fond, sur des routes complètement cabossées, on est secoués dans tous les sens, tout valdingue de tous les côtés. Antoine s’attache car il y a le couloir en face de lui, il n’a rien pour s’accrocher. Là je pense que pour dormir, c’est mort. Le chauffeur fera une brève pause-pipi, tellement brève que si Antoine ne serait pas resté à surveiller, le bus serait parti sans moi. Il y aura également une pause-dîner, dans un complexe où tous les autres bus s’arrêtent aussi. 1 cantine pour une centaine de personnes, autant dire que c’est la foire là-dedans. On laisse tomber, on a peur que ça prenne trop de temps et que le bus parte sans nous. On se rabat sur un paquet de chips. La télé du bus crachera un mauvais téléfilm birman une bonne partie du voyage. On aura réussi à dormir (un petit peu) par intermittence, mais c’est la tête bien dans le pâté qu’on arrive à Yangon à 7h du mat’ après 12h45 de bus.

Le bus s’arrête au terminus, soit à 23 km du centre de Yangon. Obligation donc de prendre un taxi, qui même négocié, nous aura fait payer un peu cher (15 000 kyats au lieu de 10 000 kyats selon notre hôtel).

Nous arrivons à notre hôtel vers les 8h mais le check-in ne peut se faire qu’à 13h/14h. Le gérant accepte de garder nos backpacks, il ne reste plus qu’à vagabonder à la recherche d’un café !

Infos pratiques :

– 1 ticket de bus « VIP » du Lac Inle à Yangon : 18 000 Kyats soit environ 11€25

– Taxi pour 2, de la station de bus au centre-ville : 15 000 Kyats, soit environ 9€35

– Petit-déj à Yangon (2 boissons + viennoiseries) : 3000 Kyats, soit environ 1€87

Yangon

Anciennement Rangoon, cette ville compte près de 5 millions d’habitants de diverses communautés religieuses : bouddhistes, musulmanes, catholiques. Cela se ressent aisément dans la ville. La population est également très éclectique : quartier chinois, quartier indien. Tout le monde semble vivre en parfaite harmonie.

La pagode Botataung : elle est située au bord de la rivière. Il faudra vous acquitter d’un droit d’entrée, comprenant votre autocollant bien visible sur votre tee-shirt, le droit de faire des photos, le gardiennage de vos tongs, une bouteille d’eau et des lingettes pour vous laver les pieds après la visite. Après être passés sous un portail de sécurité et les sacs aux rayons x, on peut accéder au site. Nous commençons par le centre de la pagode, où nous n’avons pas le droit d’emmener nos bouteilles d’eau. Nous les laissons au poste de contrôle et les récupérerons après. Nous faisons la queue, car il est 10h, heure de pointe touristique. On s’engouffre dans un chemin très étroit pour voir la relique puis après nous pouvons voguer librement à l’intérieur. Il est tout doré, tout scintillant, plein de recoins dans lesquels des gens prient. C’est joli. Nous ressortons de l’intérieur de la pagode pour faire le tour du site où l’on peut voir plusieurs statues de bouddha.

La pagode Sule : nous y avons été à la tombée de la nuit. Peu de monde, meilleure température et nous l’avons vu s’éclairer petit à petit, c’était chouette. Elle se trouve sur un rond point, entourée de circulation donc. Mais une fois à l’intérieur, on l’oublie assez vite. Ici aussi il faudra vous acquitter d’un droit d’entrée qui vous donnera le droit à votre petit autocollant (mais pas au gardiennage de vos tongs, il faudra payer un supplément pour cela).

Le Lac Kandawgyi : à ne pas confondre avec le Lac Inya qui est un peu plus au nord. Nous ne nous attendions pas à devoir payer pour se promener au bord du lac. Eh bien si ! Et il faut aussi payer pour pouvoir prendre des photos. La somme est certes dérisoire, mais quand même. On y est, donc on paie et on y reste. Faire le tour du parc du lac n’a rien de folichon. Il faut même parfois sortir du parc, longer le trottoir côté route, pour pouvoir ré-accéder au parc plus loin. Les abords ne sont pas propres, beaucoup de déchets sur l’envers du décor. On y trouve une allée aux restos, on y trouve un « parc animalier », je ne sais pas trop comment appeler ça. Ce sont quelques enclos tous petits dans lesquels sont enfermés des animaux tristounets (2 vaches dans l’un, un mouton dans un autre, 2 poneys, quelques paons). Près d’un bateau traditionnel assez impressionnant (il sert de resto et salle de spectacle) se trouve une boutique souvenir hors de prix. En faisant le tour du lac nous passons devant une jardinerie puis devant des statues blanches d’éléphants. C’est ici que nous récupérons la rue pour aller avoir la pagode Schwedagon.

La pagode Schwedagon : dans la rue permettant d’accéder à la pagode (côté escalier Est en tout cas) il y a de nombreuses échoppes de nourriture, offrandes, fleurs, souvenirs. Des petits gamins vous mettront dans les mains, de force, des petits sacs plastiques pour vos chaussures et vous le fera payer (soyez fermes, ils sont malins). La pagode est immense, très impressionnante, il y a beaucoup de choses à voir. A l’entrée de l’escalier Est, un guide nous propose ses services. Si nous avions eu un meilleur anglais, on se serait laissé tenter car il y a beaucoup de choses à y apprendre à mon avis. C’est donc simplement équipé du Petit Futé que nous avons fait notre propre visite des lieux.

Il y a un grand stûpa central, recouvert d’or tous les cinq ans. Il est entouré d’une soixantaine d’autres stûpas. Les points cardinaux sont marqués par les quatre escaliers d’accès. Tout autour du stûpa central, se trouvent les piliers dédiés à votre jour de naissance. Un animal y est également représenté. Je suis née un mercredi après-midi (car il y a une distinction pour les mercredis, entre le matin et l’après-midi) et mon animal est un éléphant sans défense, et mon orientation est le Nord-Est. Antoine est né un mardi, son animal est le Lion et son orientation est le Sud-Est. Les personnes prient devant leur pilier puis arrosent leur bouddha. C’est un manège intéressant à observer.

On trouve également un Banian, arbre sacré sous lequel bouddha aurait connu l’illumination.

A côté de la pagode se trouve le Parc du Peuple, que nous n’aurons pas fait, car payant (nous avons été refroidis par l’expérience du lac).

Le Festival « International Film Heritage Festival » : pendant notre séjour à Yangon, nous avons eu la chance de tomber dans la période de ce festival qui se déroulait du 3 au 12 novembre 2017. Ce sont 9 jours consacrés aux classiques du cinéma et cette année c’est Catherine Deneuve la marraine. Il y a une soixantaine de films du monde entier et nous avons pu reconnaître le nom de Jacques Tati pour la France. La liste des films est alléchante : Le Grand Dictateur ; Citizen Kane ; Persepolis ; Quai des Orfèvres, etc.

Cette année, le thème était « les films interdits » avec notamment des conférences sur la censure.

L’entrée est gratuite, et cela se déroule dans quelques cinémas/théâtres de la ville. En fonction de notre programme à Yangon, nous avons opté pour « Le Roi et l’Oiseau », un dessin-animé français de Paul Grimault avec des textes de Jacques Prévert. Il est sorti en 1980. Nous avons beaucoup apprécié cette petite parenthèse cinématographique pendant notre voyage.

Le marché ancien de Bogyoke : c’est un marché couvert, ouvert de 9h30 à 17h et fermé le lundi. C’est un marché très impressionnant, avec plus de 2000 boutiques. On y trouve de tout : textiles, peintures, bijoux, maroquineries, souvenirs, nourritures… c’est immense et nous nous sommes perdus à plusieurs reprises à force de déambuler dans tous les sens, passant parfois aux mêmes endroits.

En face, de l’autre côté de la rue se trouve le « nouveau marché » qui est en fait une très grande galerie commerciale très moderne (et chère).

Le night market : je ne sais pas pourquoi, nous nous attendions à des boutiques de toutes sortes, mais en fait ce sont uniquement des échoppes de nourriture (street food). Il se trouve le long de la rivière, et nous l’avons longé d’un bout à l’autre et c’est très long ! Au moins nous avons pris le temps de repérer certaines échoppes alléchantes : barbecues, sushis, insectes grillés, bouillons, etc. Nous optons pour le barbecue car le choix des brochettes est plutôt pas mal. Nous prenons aussi 2 verres de jus de canne à sucre, nous y sommes accros !

Après toutes ces belles découvertes (nous n’avons nommé que les principales mais la ville de Yangon est très animée et regorge de petits secrets), nous quittons Yangon en direction du Rocher d’Or près de Kinpun, autre lieu hautement touristique.

Infos pratiques :

– 1 ticket d’entrée pour la Pagode Botataung : 6 000 Kyats, soit environ 3€74

– 1 ticket d’entrée pour la Pagode Sule : 3000 Kyats, soit environ 1€87

– Gardiennage des tongs dans la Pagode Sule : 1000 Kyats (!), soit environ 0,62€

– 1 ticket pour le Lac : 300 kyats, soit environ 0,18€ + 500 kyats pour faire des photos soit 0,31€

– 1 ticket pour la Pagode Shwedagon : 8000 kyats, soit environ 5€

– 1 jus de canne à sucre : 500 Kyats (0,31€)

– 1 nuit dans une chambre double au Shannkalay Hotel : 21 500 Kyats, soit environ 13€42

Le trajet Yangon – Kinpun

Nous prenons un taxi, à 10 000 kyats cette fois, pour retourner à la station de bus à 23 km du centre de Yangon, soit 40 mins environ de route.

Le bus partira à 8h du matin en direction de Kinpun, toujours avec un mauvais téléfilm birman en fond sonore (élevé). Tout le monde se marre en regardant le téléfilm. Nous on aura surtout beaucoup somnolé. Après environ 5h de route, le bus nous dépose à notre hôtel (car il était sur la route) où nous sommes très bien accueillis et où nous avons un petit bungalow perso. Chouette. Nous n’y passerons qu’une nuit car le Rocher d’Or est la seule attraction touristique du coin.

Prix du ticket de bus de Yangon à Kinpun : 8000 Kyats, soit environ 5€

Kinpun – Le Rocher d’Or

La pagode et le rocher sont au somment d’une montagne. C’est au pied de cette montagne que se trouve le village de Kinpun, là où la plupart des personnes choisissent d’être hébergées pour accéder au rocher (nous avons vu des hôtels en haut de la montagne).

Notre hôtel, un peu excentré, se trouve à 10 mins à pied du centre-ville (et c’est tant mieux car la ville est très animée et bruyante). Nous rejoignons donc le centre-ville rapidement à pied. C’est là où se trouve la station des camions qui nous emmènera jusqu’au rocher. Les camions font des navettes très régulières et ne partent que lorsqu’ils sont complets.

Les camions ont aménagé leur benne, avec des bancs métalliques ou des bancs en bois, très serrés les uns aux autres. C’est donc très serrés les uns contre les autres que nous sommes chargés dans la benne. L’ambiance est plutôt conviviale, forcément, être pressé contre quelqu’un ça permet de créer des liens !

Le camion démarre et roule à fond les ballons, dans une route extrêmement sinueuse, très pentue, et pleine de nids de poule. Le camion prend ses virages tellement vite que l’on pourrait se croire dans une attraction de fête foraine, d’ailleurs les gens poussent des petits cris de joie (ou de peur ?) à chaque virage en tête d’épingle. On valdingue dans tous les sens et ça nous fait marrer.

Au milieu du trajet il y aura 2 arrêts, l’un pour faire des offrandes et un autre pour payer. En tout, on aura mis 55 mins pour atteindre le sommet de la montagne.

Une fois débarqués, il reste encore un peu de marche avant d’arriver au fameux rocher. Nous passons donc devant des restos et boutiques de souvenirs. Des porteurs vous proposeront de porter votre sac, moi pas besoin, j’ai Antoine pour ça haha. Il y a également des chaises à porteurs pour les fainéants.

Ensuite il faut passer devant le poste de contrôle où les étrangers doivent s’acquitter du droit d’entrée.

Un peu plus loin, nouveau poste de contrôle mais pour contrôler votre tenue cette fois-ci. Attention, ils sont un peu plus exigeants que dans les autres pagodes. En effet, là où ma tenue est toujours passée sans problème, ici ma tenue ne leur plaisait pas. J’ai du descendre mon pantalon jusqu’en bas des chevilles et j’ai du couvrir mes épaules. Une petite fille derrière nous n’est pas passée car elle avait un fuseau (trop moulant sans doute). Ils prêtent des longyis (ou facturent je ne sais pas) si jamais votre pantacourt n’est pas assez long pour eux.

Enfin nous pouvons passer, et c’est donc pieds nus que nous franchissons les derniers mètres qui nous éloignent du Rocher d’Or.

Autour du Rocher s’est développée toute une petite ville ou une petite communauté, c’est plutôt vivant, les gens pique-niquent, jouent au ballon. Il y a des boutiques, des astrologues, des petits restaurants et cafés.

Le Rocher d’Or fait 8m de haut et selon la légende, s’il ne tombe pas c’est parce qu’il repose sur les cheveux de bouddha (bouddha en avait fait offrande à un ermite, qui en avait fait offrande au roi, qui a récupéré le rocher au fond de l’eau pour le faire maintenir en équilibre sur les cheveux de bouddha, grosso modo). Le rocher tient sur une surface de contact avec le sol de 0,7m².

Seuls les hommes peuvent s’en approcher pour y coller des feuillets d’or.

Après avoir fait le tour de complexe (qui n’a rien de transcendant), nous redescendons par le même moyen que l’aller.

Infos pratiques :

– 1 ticket d’entrée pour le Golden Rock : 10 000 Kyats, soit environ 6€24

– Prix de la camionnette, aller : 2000 Kyats/pers. soit environ 1€25

– 1 nuit dans une chambre double au Golden Sunrise : 54 000 Kyats soit environ 33€

Notre court séjour à Kinpun se termine ainsi et le lendemain, nous partirons déjà pour une nouvelle destination.

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