Le Lac Titicaca côté Péruvien : les îles flottantes Uros et l’île de Taquile

Nous voilà à nouveau sur le départ. Les sacs sur le dos, nous rejoignons l’agence par laquelle nous avons acheté nos billets la veille. On y laisse nos sacs, le temps de faire un dernier petit tour dans la ville de Copacabana avant de prendre notre bus à 13h30.

Après 10 minutes de bus nous arrivons à la frontière avec le Pérou. Nous descendons tous du bus et allons faire tamponner nos passeports par les autorités boliviennes avant de passer la frontière à pied et de recommencer les mêmes démarches avec les autorités péruviennes. Rien de sorcier et c’est rapidement que nous passons les contrôles et attendons que le bus passe lui aussi la frontière avant d’embarquer et de rejoindre la ville de Puno, première étape de notre séjour au Pérou.

C’est après 3h15 d’un trajet agréable que nous arrivons à destination. Nous récupérons nos sacs et marchons en direction de notre hôtel un peu à l’écart des bruits de circulation de la ville.

Puno

Située à 3830 mètres d’altitude, Puno est une ville essentiellement tournée vers l’activité touristique que concentre le Lac Titicaca avec ses îles flottantes Uros et l’île de Taquile.  C’est souvent l’une des premières étapes pour les touristes arrivant de la Bolivie. La ville est décrite comme ne possédant pas beaucoup de charme malgré une animation qui bat son plein dans le centre-ville.

Passant quelques jours sur Puno, nous avons pris le temps de visiter la ville avant de partir naviguer une nouvelle fois sur le lac Titicaca pour découvrir les îles flottantes et sa population.

On démarre fort avec un point de vue que nous avions repéré la veille grâce à une statue de condor perchée au sommet. L’ascension est toujours éprouvante car même si nous ne sommes plus à La Paz, nous restons à une altitude importante. Comme d’habitude nous prenons notre temps et faisons des pauses régulières pour reprendre notre souffle pour arriver au bout de cet interminable escalier et apprécier la vue depuis le mirador nommé Kuntur Wasi. Nous sommes ravis d’être au sommet car la vue depuis ce mirador est vraiment très chouette. On a une vue dégagée sur la ville ainsi que sur le Lac Titicaca qui se trouve juste devant nous. Nous faisons un dernier effort pour gravir les dernières marches qui se trouvent dans l’imposante structure où est perché le condor. On profite encore de cette vue magnifique avant de reprendre le même chemin en comptant les marches histoire de savourer notre exercice matinal : en arrondissant nous arrivons à un compte de 600 marches !!

Nous reprenons notre balade dans la ville en nous dirigeant vers la place des Armes où se trouve la Cathédrale décrite comme le plus beau bâtiment de Puno. Et c’est vrai qu’elle est jolie avec sa façade rouge finement sculptée mélangeant les styles baroques et Renaissance dissimulant des symboles indigènes comme la représentation du soleil et de la lune. Nous jetons un coup d’œil à l’intérieur qui malheureusement est plus sobre que sa façade.

Nous passons dans la rue piétonne où se concentrent de nombreux restaurants et boutiques de souvenirs avant d’arriver sur la place Manuel Pino bordée par l’église San Juan et plusieurs bâtiments colorés. Nous terminons cette petite balade au bord du lac Titicaca où là aussi il y a de l’animation avec des stands photos, des pédalos et bien sûr un marché de souvenirs et de nombreux restaurants qui servent des portions vraiment très généreuses.

Le Lac Titicaca

Lac navigable le plus haut du monde et le plus vaste d’Amérique du Sud, perché à une altitude de 3810 mètres pour une superficie de 8562 km². En continuant avec les chiffres, le lac a une profondeur maximum de 275 m vers l’île de Suasi alors que du côté des îles d’Uros, la profondeur n’excède pas 18m. Pour les amateurs de baignade, il est important de préciser que la température du lac dépasse rarement les 9°c, qui plonge en premier ?
Le lac Titicaca est certainement l’un des lacs les plus connus dans le monde entier et sa renommée n’est plus à faire maintenant. De nombreuses histoires et légendes entourent ce lac. Pour les Incas c’est ici que le dieu créateur Viracocha fit apparaître la lune, le soleil et les étoiles pour illuminer les ténèbres.
Pour le côté géologique, le lac Titicaca est le vestige d’une immense lagune qui a suivi le développement des Andes pour se retrouver à son tour en altitude.

Les îles flottantes Uros

Les îles flottantes ont d’abord servi de moyen de défense contre le peuple Inca, rivaux très puissants. A l’origine, ces îles flottantes se trouvaient en Bolivie mais suite à la baisse du niveau de l’eau et de la migration des bancs de poissons, la population a du se déplacer pour continuer à s’approvisionner en poissons. Avec l’autorisation du gouvernement péruvien, la population s’est donc installée sur le lac Titicaca côté péruvien.

Ces îles abritent 2500 personnes qui vivent sur un ensemble de 63 îles. Elles sont plus souvent nommées les îles d’Uros en lien avec le peuple qui y vivait jusqu’à la moitié du XXème siècle. Ces îles entièrement créées par l’Homme ont une durée de vie de 50 à 60 ans. Elles ont pour base d’énormes cubes de racines entrelacées de plantes aquatiques par dessus desquels est tapissée une épaisse couche de totora (sorte de roseaux) d’environ 3 m. Le roseau a une place très importante et est beaucoup utilisé : fabrication du sol, des maisons, des bateaux, d’artisanat et une partie est même comestible. Le sol se dégrade rapidement et tous les 3 mois, il faut à nouveau remettre une couche de totora.

Les habitants de ces îles vivent principalement du tourisme, puis de la pêche et de l’artisanat. Dans quelques années, avec le départ de plus en plus massif des habitants pour la ville, ces îles vont devenir progressivement un lieu exclusivement destiné aux touristes comme un parc d’attraction.

Pour accéder à ces îles nous avons pris un tour organisé comprenant aussi l’île de Taquile. De nombreuses agences proposent ce genre de tour. Vous en trouverez partout dès votre descente du bus. Il est aussi possible d’acheter des billets directement au port, ce sera moins peut-être moins cher (encore que, le dejeuner ne sera pas inclus), mais au final vous rejoindrez aussi un tour organisé.

Un bus vient nous récupérer à notre hôtel et une fois le bus rempli, il nous dépose au port afin de prendre un bateau touristique. Nous sommes un groupe de 28 personnes et le guide se présente ainsi que le détail de notre journée. Après 30 min de navigation nous accostons sur l’une des îles flottantes d’Uros. Nous sommes accueillis par les habitants qui connaissent par cœur le rituel pour les touristes. On s’installe en demi cercle et nous écoutons attentivement les explications et démonstrations du guide pour en apprendre plus sur ces îles. Ensuite nous sommes invités à visiter les maisons, à se déplacer sur le sol mou constitué de totora et enfin à regarder et acheter des objets sur leurs stands d’artisanat. Il est aussi possible de faire un tour en bateau touristique exclusivement construit en totora pour rejoindre une autre île où il est possible de faire tamponner son passeport pour 1 sol soit environ 0,25 €. Malgré les sollicitations nous avons utilisé le bateau du tour pour nous rendre sur la seconde île.

Nous remontons tous dans le bateau et après 2h30 de navigation, nous arrivons sur l’île de Taquile.

L’île de Taquile

Sur cette île, il n’y a ni voiture, ni moto et c’est donc à pied que se font la plupart des trajets. Au vue du relief de l’île on comprend parfaitement l’impossibilité d’utiliser des engins motorisés. Cette île abrite entre 2500 et 3000 habitants quechuas repartis en 6 communautés, ici, les valeurs, coutumes et traditions sont très fortes et prononcées. Les Taquileños vivent de l’agriculture en terrasse et avec l’afflux important de touristes les Taquileños ont réveillé leur tradition textile. Ici, que ce soit les femmes ou les hommes tout le monde tricote. Les hommes font leurs propres bonnets dès le plus jeune âge : rouge pour les célibataires, blanc et rouge pour les mariés. Les femmes, quant à elles, tricotent la ceinture-calendrier pour leur nouvel époux, elle marque les évènements importants, les loisirs, les faits remarquables de leur homme. Ces dames portent plusieurs couches de jupes colorées, et les femmes mariées portent un voile noir. Les hommes importants portent un sorte de chapeau melon noir. Les tenues vestimentaires des habitants sont donc très colorées et présentent de nombreux codes vestimentaires.

Le bateau s’arrête au Puerto Chilcano, à partir de là il faut gravir 532 marches pour un dénivelé de 240m autant dire que ça pique à près de 4000 m d’altitude. En haut nous sommes récompensés par une vue magnifique sur le lac, sur les terrasses de l’île et sur les chaînes des montagnes enneigées boliviennes que nous apercevons au loin. Tout est calme, paisible. Sur l’île, il n’y a aucun chien, donc aucun aboiement ne vient perturber cette quiétude. Il n’y a pas non plus de police, les communautés vivent en parfaite harmonie.

Nous continuons à marcher, le long de sentiers bordés par des petits murets, pour visiter des ruines Incas avant d’aller déjeuner dans un petit restaurant avec au menu de la truite du lac.

Le temps passe vite et il est déjà l’heure de retourner au bateau qui nous attend de l’autre côté de l’île pour nous ramener au port de Puno. Nous avons environ 2h30 de navigation et après avoir passé un peu de temps à admirer le paysage nous somnolons un peu, bercés par les vagues du lac.

 

Infos Pratiques :

  • 1 ticket de bus de Copacabana à Puno : 35 bolivianos soit environ 4,22 €

  • 1 tour d’une journée sur les îles flottantes et sur l’île de Taquile (déjeuner et entrée sur les îles inclus) : 40 sols soit environ 10,23 €

  • 1 nuit en chambre double (petit déjeuner inclus) à l’hôtel Possada del Qolla : 35 sols soit environ 8,95 €

  • 1 repas (entrée, plat, dessert et boisson) dans le centre ville de Puno : 24 sols soit environ 6,13€

  • Pour le passage de la frontière nous n’avons rien payer : pas de taxe ou autre chose du même genre. Il est aussi possible de changer ses bolivianos à la frontière.

  • La frontière entre le Pérou et la Bolivie ferme 19 h.

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