Les lignes de Nazca, qui pour en déchiffrer le sens ?

Après notre retour à Urubamba, où nous avons vu les Salines de Maras et où nous avons dormi après notre journée au Machu Picchu, nous sommes repartis le lendemain matin sur la ville de Cusco (bim, trois liens en une phrase !)

Nous commençons par le terminal de bus où nous passons plus d’une heure à comparer les agences proposant le trajet de nuit Cusco-Nazca : nous regardons l’heure de départ, l’heure d’arrivée (car nous n’aimons pas arriver dans une ville à 5h du mat’, la tête dans le pâté après une nuit de bus), les services proposés (snack), la classe (semi-cama ou cama), l’inclinaison du siège (si si ça compte !), la marge de négociation et bien sûr le prix final. Bon, pour tout dire, on a simplement pris le moins cher. Nous laissons nos gros sacs dans l’agence et nous allons au centre-ville, que nous connaissons déjà, via un petit bus local. Pour passer le temps nous nous installons dans un salon de thé spécialisé dans le chocolat pour y déguster milkshake et gâteau au chocolat.

Le soir venu nous rejoignons le terminal de bus, notre bus est à l’heure. Nous nous installons en bas, la première classe s’il vous plaît ! Nous sommes effectivement bien installés, bien qu’il n’y ait pas de rangement pour nos sacs à dos, l’espace entre les sièges est suffisamment large pour les caler à nos pieds. Le bus démarre et le film Rambo aussi, volume à fond les ballons ! Bin oui sinon les gens à l’étage n’entendent pas le film. On négocie 3 fois le volume avec l’hôtesse parce qu’on a peur de finir sourd (boule quies inclus !). Le reste du trajet se déroule bien, même si on a moyennement dormi.

Après 13h30 de route et des paysages magnifiques au petit matin, nous arrivons enfin à Nazca. Le bus ne s’arrête pas au terminal prévu, nous sommes obligés de prendre un taxi pour rejoindre notre hôtel. Nous le partageons avec un autre couple du bus dont l’hôtel ne se situe pas trop loin du notre.

Après la fraîcheur de nos dernières destinations, ici nous retrouvons le soleil et la chaleur.

Je pense que tout le monde s’en doute mais notre objectif ici est de voir les lignes de Nazca, ces dessins géants visibles seulement du ciel. Il n’y a pas 36 000 possibilités : voir 3 formes à partir d’un mirador qui se trouve à 25 km de la ville ou bien les survoler. Nous optons pour la deuxième solution.

Bien que nous ayons un guide papier pour nous raconter l’histoire du peuple Nazca et de ces lignes, nous ne résistons pas à aller au planetarium qui propose des séances en français à 18h30.

Le planétarium se trouve dans l’hôtel Nazca Lines, près de la gare routière. Nous sommes chaleureusement accueillis et installés dans le petit planétarium, rien de bien moderne mais ça en fait son charme. Nous levons les yeux sur la voûte et les images commentées par le guide commencent.

Les mystérieuses lignes de Nazca

Les lignes auraient été dessinées par le peuple Nazca entre -200 avant J.C et 800 après J.C. Elles s’étendent sur plus de 450 km² et représentent plus de 300 figures. Le site a été découvert en 1930 grâce aux premiers vols commerciaux, c’est grâce aux conditions désertiques, sans vent, sans pluie, que le site a pu être conservé au fil des ans. Maria Reiche, une scientifique d’origine allemande, y a consacré plus de 40 ans de sa vie. Elle a nettoyé le site, l’a protégé, l’a exploré dans les moindres détails, a émis plusieurs hypothèses. Elle occupe une grande place dans le cœur des habitants de Nazca. Aujourd’hui encore, de nouvelles figures sont découvertes.

Les lignes ont été faites en « grattant » la surface du sol. Pas besoin de creuser, non, simplement pousser les cailloux noircis par le temps, pour découvrir un sol plus clair en dessous. Les Nazcas se seraient aidés de cordes attachées à des pieux comme guide pour créer des lignes droites ou des cercles parfaits.

Il y a plusieurs hypothèses concernant les géoglyphes, aucune n’est vérifiée :

  • Les lignes semblent converger vers des sources d’eau ou points d’irrigation des terres. A Nazca, il ne pleut que 30 mins par an, les terres sont très sèches, la région est désertique. Cela serait un message pour les Dieux, comme un appel, une prière pour leur demander d’être plus clément avec leurs cultures. Des poteries religieuses ont été trouvées sur les lieux.
  • Certaines lignes correspondent aux couchers et levers de soleil lors des solstices, d’autres correspondent avec certaines constellations. Les lignes pourraient alors représenter une sorte de carte du ciel.
  • Il y a plusieurs formes dessinées, dont beaucoup d’animaux et végétaux, mais aussi des formes géométriques, des spirales, personne ne peut expliquer le pourquoi du comment : hommage aux Dieux ? Signes de chamans guérisseurs ? Horoscope géant ?
  • Les lignes seraient des sentiers sacrés menant à des autels où des sacrifices avaient lieu (décapitations) en offrande aux Dieux.
  • Certaines personnes y ont vu une piste d’atterrissage pour les extraterrestres.

Beaucoup s’accordent pour dire que, les figures étant seulement visibles du ciel, cela avait surement une destination céleste, en lien avec la religion. Les cultes tournaient sûrement autour de l’eau et de la fertilité des terres.

Le survol des lignes en avion

Maintenant que nous en savons plus sur ces lignes, nous pouvons les survoler.

Nous avions l’intention de comparer les prix des différentes compagnies, mais, dans le centre-ville nous n’avions pas trouvé la rue « touristique », ce n’est qu’après que nous l’avons vu, il s’agit de la rue Lima. Il y a aussi des agences près du terminal terrestre de bus.

Nous avons réservé notre tour avec notre hôtel qui fonctionne avec la Compagnie AeroNazca.

Est-ce dangereux ? Non, plus maintenant en tout cas. Il existe une dizaine de compagnies agréées et les normes et procédures sont très strictes, tout comme les contrôles des appareils et la formation des pilotes. Ce sont des petits avions à hélices pouvant contenir de 6 à 12 personnes selon les modèles. Préférez le 6 personnes, pour que chacun ait une fenêtre et ainsi accès à la vue sur le sol.

Quand faut-il voler ? Il serait préférable de voler le matin pour une meilleure visibilité. Avant le petit-dejeuner si vous avez l’estomac fragile.

Ca secoue tant que ça ? Nous n’avons pas du tout été secoué pendant notre vol. Le décollage et l’atterrissage se sont parfaitement déroulés. L’avion penche pour montrer les figures, mais ça ne secoue pas.

Comment ça se passe avant le vol ? L’hotel nous emmène à quelques kilomètres de la ville, là où se trouve l’aérodrome. Là nous sommes pris en charge par une hôtesse de la compagnie. Elle nous demande nos passeports, elle en fait une copie. Puis nous devons passer sur la balance afin de répartir les poids dans l’avion : les plus lourds devant, les légers derrière. On nous remet une carte du parcours que l’on va faire et les figures que l’on va voir. Nous devons ensuite nous acquitter de la taxe d’aéroport dans un petit guichet. Puis, il y a une salle d’attente, où est diffusé un film sur les lignes de Nazca (très intéressant d’ailleurs, complémentaire avec la visite du planétarium).

On est ensuite appelé et accueilli par le co-pilote qui accompagne notre groupe de 5 personnes. Il faut passer un contrôle de sécurité puis fouler le tarmac de la piste en suivant le co-pilote. Le pilote se présente et on a quelques minutes pour faire des poses photos devant l’avion à hélice. Nous grimpons dans l’avion selon un ordre bien défini. On attache nos ceintures, on met les casques sur les oreilles et on écoute le briefing du co-pilote qui explique le déroulé du vol. Et c’est parti !

Comment ça se passe pendant le vol ? Nous volons à environ 300m du sol, nous traversons d’abord une partie très désertique du plateau de Nazca et très vite nous arrivons aux premières figures. Au début les figures ne sont pas faciles à repérer, mais le co-pilote donne des informations précises, il faut juste s’habituer. L’avion fait le tour des principales figures, pour que les personnes à droite dans l’avion les voient aussi bien que les personnes à gauche. Comme ça tout le monde est content, personne n’est lesé. C’est top ! On en prend plein les mirettes et on est excité à l’idée de chercher les figures sur le sol : « ça y est je la vois, elle est là ! ». On les voit très bien et on a bien le temps de les photographier. La visite du ciel se termine par le survol des aqueducs.

Le vol dure 35 mins et permet de voir une douzaine de figures. Il existe différentes formules (temps de vol plus long pour voir plus de figures par exemple).

Comment ça se passe après le vol ? Nous attendons le bus qui nous ramènera à l’hotel en profitant des petites boutiques touristiques, puis il n’est pas trop tard pour prendre un bon petit-dejeuner à l’hôtel. Les émotions ça creuse.

Qu’est-ce qu’on a vu ? La baleine, longue de 65m. Ce peut-il que les Nazca, peuple de la terre et du désert ait déjà vu des baleines ? L’astronaute, dieu anthropomorphe pour certains, extraterrestre pour d’autres, homme-chouette gravé sur une colline, haut de 35m. Le singe, large de 110m, avec une queue toute en spirale. Selon les spécialistes, la queue ne se déroulerait pas dans le bon sens, volonté des Nazca de ne pas empiéter sur les terres d’un autre peuple. Le chien, long de 50m et qui possède cinq pattes. Le condor, oiseau fétiche des Andes, mais plutôt une sorte de héron pour certains spécialistes. L’araignée, dont le symbolisme est lié à la pluie et à la fertilité. Elle mesure 46m de large, de quoi donner des frissons. Le colibri, le flamant rose (300m ! il ne rentre pas entier dans mon objectif photo !) et le perroquet (animal lié à la jungle et non au désert), les oiseaux seraient des intermédiaires avec les Dieux. D’autres figures sont visibles tels que l‘arbre, les mains, le lézard, mais aussi des figures géométriques et des spirales. A la fin du tour, nous survolons les aqueducs de Cantello, où nous voyons les puits creusés en spirales permettant d’accéder à l’eau souterraine.

Pour résumer, ce fut une très belle expérience !

 

Pas besoin de rester plus longtemps dans la ville de Nazca qui n’a pas vraiment d’autre intérêt que ses lignes, nous nous dirigeons déjà vers notre prochaine destination : Paracas, petit ville balnéaire à la faune débordante.

Infos pratiques :

  • 1 ticket de bus de nuit de Cusco à Nazca : 80 soles soit environ 20€66
  • Taxi partagé jusqu’à l’hotel : 5 soles par couple soit environ 1€30
  • Attention, le couple avec qui nous avons partagé le taxi s’est fait volé leur appareil photo dans le bus ! Soyez vigilants !
  • 1 nuit en chambre double avec ventilo au Nazca Travel One Hostel : 50 soles soit environ 12€91
  • 1 entrée au planétarium : 20 soles soit environ 5€16
  • 1 excursion avec AeroNazca : 227,50 soles soit environ 58€76
  • 1 taxe d’aéroport : 30 soles soit environ 7€74
  • Diner pour deux dans un boui-boui (entrée, plat, boisson) : 14 soles soit environ 3€50
  • 1 ticket de bus de Nazca à Paracas : 38 soles soit environ 9€81

 

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