Potosi et Sucre, 2 villes coloniales où il fait bon vivre

Tout de suite après notre périple dans le Sud-Lipez et le Salar D’Uyuni (par ici pour lire notre bel article), nous quittons déjà nos nouveaux compagnons ainsi que Walter notre chauffeur, pour prendre sans tarder le bus en direction de Potosi. Ayant fait la veille, un premier repérage et comparé les tarifs des nombreuses compagnies, nous ne perdons pas de temps et achetons rapidement nos billets et sautons dans le bus. Nous mettrons 3h50 pour rejoindre la charmante ville de Potosi.
Une fois à la gare routière, nous refusons poliment les demandes des rabatteurs qui nous proposent des bus pour Sucre (prononcez Soucré). Nous sommes fatigués et n’avons pas le courage de repartir ce soir. Nous reviendrons demain pour prendre un bus mais maintenant nous souhaitons simplement nous poser, prendre une vraie douche chaude et dormir. Potosi sera donc pour nous une ville-étape où nous passerons seulement la nuit.

POTOSI

Nous profitons donc pleinement du confort de l’hotel et surtout de sa douche chaude, que du bonheur après notre périple où nous n’avons pas vu beaucoup de douche chaude.

Potosi est une grande ville coloniale, perchée à plus de 4000m d’altitude, ce qui en fait la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde. Elle est inscrite au patrimoine mondiale de l’UNESCO. Nous sortons et marchons un peu à la recherche de notre repas de ce soir, tout en admirant les jolies petites rues de Potosi et sa grande concentration d’églises coloniales aux façades finement sculptées et ornementées. Nous rentrons et ne tardons pas à sombrer dans les bras de Morphée. Un peu encore fatigués, nous prenons notre petit-déjeuner dans le cadre très agréable de l’hotel avant de reprendre nos sacs-à-dos et la route en direction de la gare routière en prenant un fameux mini-van-taxi-collectivo, quelque soit son nom, où chacun s’entasse du mieux qu’il peut.

3h50 de route plus tard nous arrivons à destination et encore une fois nous marchons plusieurs minutes afin de nous rendre à notre hébergement où nous sommes accueillis chaleureusement par la propriétaire des lieux. Elle nous présente notre chambre et le fonctionnement de la grande maison familiale répartie entre des chambres et de grands espaces communs où les rencontres se font naturellement.

SUCRE

Au niveau politique, Sucre est bien la capitale du pays alors que La Paz est la capitale administrative et le siège du gouvernement. Depuis l’élection du président Evo Morales, Sucre est devenue l’un des lieux importants de l’opposition de gauche.
Malgré ses discordances politiques Sucre reste une ville agréable inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1991. La ville abrite une grande concentration de cabinets de notaires et d’avocats car c’est une ville référence pour l’enseignement du droit certainement car elle abrite le siège de la cour suprême nationale.

A peine installés dans notre chambre, que nous la quittons pour commencer la découverte de cette ville. Nous allons vers la place du 25 Mai qui est le cœur de la ville. C’est une place agréable et très animée où les gens viennent se poser sur les bancs ombragés par les nombreux arbres. La place est entourée de nombreux édifices tous très somptueux comme la cathédrale, avec son architecture mêlant plusieurs styles : renaissance, baroque, baroque bolivien ou la casa de la Libertad, palais colonial, ancien monastère converti ensuite en annexe de l’université.
Nous poursuivons avec le marché central où on y trouve absolument tout. Toujours beaucoup de monde circule dans ce dédale d’allées et où il est bon de s’arrêter à ces imposants stands de fruits pour y déguster un bon jus frais. C’est aussi l’endroit idéal pour faire le plein de produits cosmétiques car c’est ici qu’ils sont les moins onéreux. Nous rentrons tranquillement et profitons du cadre agréable de la maison familiale pour récupérer à nouveau.

Un vrai sommeil et un bon petit-déjeuner nous remettent sur pied et nous sommes prêts à parcourir plus largement la ville de Sucre. Pendant le petit-déjeuner nous avons écouté la propriétaire nous donnant des détails sur la face cachée du pays, celle que nous, simple touriste nous ne voyons pas toujours. Nous apprenons par exemple que le salaire moyen en Bolivie est de 80 bolivianos par mois ce qui représente 9,51 €… et oui c’est un peu déconcertant. Nous apprenons également que le gouvernement n’est pas apprécié par une partie de la population et que celle-ci (principalement des étudiants) s’oppose à lui, que l’hôpital public ne dispose que de très peu de moyens et que si la population souhaite se soigner rapidement elle doit passer par les cliniques privées qui sont onéreuses. L’héritage n’existe pas, en cas de décès d’une personne, c’est l’Etat qui récupère tout, qu’il y aient époux, épouses, enfants, importe peu. Il n’y a pas le droit à l’erreur dans la profession qu’on exerce, sinon c’est passage par la case prison. Après cet échange nous regardons ce pays d’un œil différent et on se dit que c’est un tableau plutôt triste qui est peint pour la Bolivie. Nous comprenons d’ailleurs pourquoi partout en ville et même d’une manière générale dans le pays nous voyons fleurir des tags accusant le président Evo Moralés et son gouvernement.

Malgré ce récit peu encourageant sur le pays, nous ne perdons pas pour autant notre envie de visiter la ville avec ses lieux emblématiques. Nous repassons devant la Plaza Libertad avec son obélisque avant de retrouver la place du 25 Mai. Nous prenons de la hauteur en empruntant les petites rues pentues afin de rejoindre le couvent et l’église de la Recoleta fondée en 1600 par les franciscains. Cet ensemble domine la vallée et offre, depuis la place, une superbe vue sur celle-ci.
Nous repartons par une petite rue qui abrite quelques échoppes de vendeurs d’artisanat. Nous continuons de marcher plus ou moins au hasard et passons devant de nombreuses églises très imposantes et jolies ainsi que d’autres bâtiments avant de retourner sur la place centrale et de démarcher des agences pour faire une courte excursion au marché de Tarabuco qui a lieu tous les dimanches.

Dernier jour à Sucre et nous nous rendons encore une fois sur la place du 25 Mai pour y prendre le bus touristique pour se rendre au marché de Tarabuco qui se trouve à environ 65 kms de Sucré soit environ 1H30 en bus. La ville est connue pour son marché authentique, le dimanche, et où tous les gens de la campagne affluent pour y vendre leurs produits fait main. On parle de folklore, de danses, de costumes traditionnels, d’artisanat, tout ça fait très envie.
Le bus s’arrête devant un restaurant et nous sommes accueillis par une femme qui nous parle du marché et de la façon dont il se compose (une partie fruits et légumes, une pour l’artisanat, une autre pour les animaux,…). Après ce briefing nous avons quartier libre et pouvons ainsi déambuler à notre guise dans les différentes parties de ce marché.

Nous arrivons rapidement dans le marché à proprement parlé où nous apercevons des petites boutiques vendant de l’artisanat, qui est en grande partie similaire à celui vendu à Sucre. Nous traversons cette partie rapidement car peu étendue et nous tombons sur une partie de produits beaucoup moins artisanaux. Cela perd vite de son authenticité : vêtements de marque, protections pour smartphone, produits ménagers comme au supermarché, …Nous passons dans la partie fruits et légumes abritée dans un grand bâtiment, où chacun expose ses produits sur une bâche à même le sol. Après plusieurs aller-retour, nous arrivons sur une grande place où toujours rien de folichon ne se présente, néanmoins nous prenons le temps de tout regarder car nous avons du temps à tuer avant le retour à Sucre.

Au début de notre balade dans le marché nous avions repéré un espace de restauration. On s’installe à un petit stand où nous mangeons du poulet frites, le tout cuit dans l’huile. C’est pas cher et on se régale, à ce point qu’on en redemande. On termine ce repas par une boisson locale à base de pêche. Nous retrouvons notre bus qui nous attend devant le restaurant  pour faire à nouveau 1h30 de trajet retour vers Sucre.
Au final nous sommes un peu déçus du marché car au vue de ce que nous avions lu nous avions d’autres attentes.

Nous récupérons nos gros sacs-à-dos (entreposés dans un local fermé à clef dans notre auberge de jeunesse) avant de partir rejoindre la gare routière qui se trouve toujours au même endroit, c’est à dire loin de nous. Vu que nous avons du temps devant nous, nous décidons de marcher pour rejoindre la gare routière et ainsi consommer un peu de notre temps d’attente avant le départ du bus. Une fois sur place nous faisons le tour des agences afin de trouver le bus parfait, avec le tarif parfait, tout ça pour un confort parfait pour un voyage de nuit.

C’est ainsi que nous quittons si vite la ville de Sucre en direction d’une ville très haut perchée : La Paz, gare aux mal de l’altitude !

Infos Pratiques :

  • 1 ticket de bus d’Uyuni à Potosi : 30 Bolivianos soit environ 3,54 €
  • 1 nuit en chambre double dans l’auberge de jeunesse Hostal La Casona à Potosi : 120 bolivianos soit environ  14,18 €
  • 1 ticket de bus de Potosi à Sucre : 20 bolivianos soit environ 2,35 €
  • 1 taxe pour accéder aux quais de la gare routière de Potosi: 2 bolivianos soit environ 0,23 €
  • 1 nuit en chambre double dans l’auberge de jeunesse Family Hostel à Sucre : 90 bolivianos soit environ  10,64 €
  • 1 excursion au marché de Tarabuco : 40 bolivianos soit environ 4,73 €
  • 2 jus de fruit sur le marché central : 20 bolivianos soit environ 2,36 €
  • 1 ticket de bus de nuit de Sucre à La Paz : 150 bolivianos soit environ 17,73 €
  • 1 taxe pour accéder aux quais de la gare routière de Sucre : 2,50 bolivianos soit environ 0,29 €

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