Santiago ou le début de nos aventures en Amérique du Sud

La navette du camping de Tipanie Moana est à l’heure et elle nous conduit à l’aéroport qui se trouve à quelques minutes. Encore un peu de patience avant de prendre notre vol qui nous fera quitter l’île de Pâques et nous emmènera vers le continent chilien et plus précisément la ville de Santiago. Nous atterrissons à l’heure prévue et une fois nos bagages récupérés nous prenons la sortie de l’aéroport. 3 choix s’offrent à nous pour rejoindre notre hôtel : 1) le taxi qui est très onéreux 2) la navette partagée qui nous dépose au pied de notre hôtel 3) le bus, le moins cher mais prendre le métro après, à 23 h…

On se décide pour la seconde option. Nous achetons nos billets à la première compagnie, trouvons le bon quai, montons dans le véhicule et c’est parti pour rejoindre notre lit !

Santiago du Chili

Santiago, souvent nommée Santiago du Chili, est la capitale du pays et compte pas loin de 6,5 millions d’habitants. Elle n’est pas forcément l’une des plus belles capitales d’Amérique du Sud mais dispose de magnifiques parcs et jardins qui donnent à Santiago un air plus respirable contrairement à ses rues polluées.

C’est en 1541 et après avoir massacré une partie du peuple indigène, que le conquistador Pedro de Valdivia ordonna la construction de Santiago. Pedro de Valdivia a choisi d’édifier la ville de Santiago à cet endroit pour 3 raisons : le climat, la végétation abondante et la possibilité d’étendre facilement la ville. Seulement 6 mois après le début de l’arrivée des Espagnols, les mapuches s’organisent et attaquent la cité et arrivent presque à la détruire. Les Espagnols se réfugient dans les hauteurs de Santa Lucia et ils y seront assiégés pendant deux ans avant l’arrivée des renforts venant du Pérou. A partir de ce moment-là, la ville de Santiago a pu s’étendre, dépasser sa rivale Valparaiso et devenir aujourd’hui cette grande capitale que l’on connaît.

Un fait d’histoire, qui est et restera un sujet délicat au Chili, est la dictature mise en place dans tout le pays par Augusto Pinochet. Etant le commandant des forces armées du Chili, Pinochet prendra la tête du pouvoir par un coup d’état le 11 septembre 1973, contre le président Salvador Allende élu démocratiquement en 1970. Pinochet gouvernera le pays pendant 17 ans et son régime est qualifié de dictature militaire par ses opposants, les médias et de nombreuses ONG. Cette période est marquée par de multiples violations des droits de l’Homme (plus de 3 200 morts, plus de 38 000 torturés, des dizaines de milliers d’arrestations d’opposants). Pour ses partisans, Pinochet est l’homme qui a permis au Chili de se relever économiquement avec une politique marquée par la libéralisation de l’économie, l’ouverture du pays à la concurrence internationale et à la liberté des échanges.

Malgré sa défaite au référendum de 1988 qui avait pour but de le maintenir à la tête du pays, Pinochet reste en politique et assure le passage du pays vers une démocratie, il restera commandant en chef des armées jusqu’en 1988 (ce qui lui permettra de maintenir une pression sur toutes les personnes qui veulent l’attaquer en justice) avant de devenir sénateur à vie.

En 1998 Pinochet est arrêté à Londres à la suite d’une plainte internationale déposée en Espagne pour « génocide, terrorisme et tortures ». Pinochet passera plusieurs mois en prison avant d’être libéré pour raison de santé, qui est encore un faux prétexte car à son arrivée au Chili, Pinochet ne montre aucun signe de faiblesse. 

Pinochet reste encore aujourd’hui une figure admirée et contestée au sein de la population chilienne. Il est d’ailleurs décrit comme un héros dans les manuels scolaires des écoles privées.

Maintenant que nous en savons un peu plus l’histoire de la ville et du pays, il est tant de partir visiter l’intérieur de cette capitale.

Santiago est tellement grande que nous ne pouvons pas tout visiter en seulement deux jours et nous décidons de privilégier certains quartiers qui attirent notre attention. Nous commençons par le centre-ville qui concentre la plupart des attractions touristiques et c’est aussi le véritable cœur de la ville. Pour nous aider dans nos journées-visite, nous avons reçu un cadeau très pratique de la part de la petite famille du blog Théotime dans le monde. Il s’agit de la carte Bip! Elle permet une fois créditée, de profiter de tous les moyens de transports de la ville dont son métro avec ses nombreuses lignes desservant presque tous les endroits de Santiago. Merci à vous.

Nous commençons par la Plaza de Armas qui est la place principale de la capitale. Elle fut le lieu des exercices militaires et c’est à partir de cette place que sont calculées les distances nationales. Elle est entourée d’édifices historiques importants comme la Cathédrale de Santiago, le musée de l’histoire, une statue équestre de Pedro de Valdivia. Le rythme de vie en Amérique du sud et principalement au Chili n’a rien à voir avec celui de l’Asie. Si vous souhaitez profiter de cette atmosphère animée attendez plutôt le milieu d’après-midi pour y venir.

 

Nous entrons à présent dans le centre culturel de la Moneda pour aller voir l’exposition gratuite sur les artistes latino-américains mais pas de chance, ce niveau est actuellement en travaux. On se dirige alors vers le palais de la Moneda qui est le siège actuel du gouvernement. Comme tout bâtiment gouvernemental il est impossible de s’en approcher ni de le visiter. Il y même un périmètre de sécurité qui nous empêche de nous approcher de l’édifice.

 

Notre route nous conduit dans le quartier Paris Londres qui s’inspire beaucoup du quartier de Montmartre à Paris. Même si ce quartier est unique à Santiago il ne surpasse pas le vrai Montmartre. Dans la rue Londres de ce même quartier, une plaque indique une maison où des dizaines de chiliens ont été torturés pendant la dictature de Pinochet. Des plaques posés au sol rendent hommage à ces personnes.

Pour finir sur une note plus douce, nous terminons notre tour des monuments de la ville par l’église San Francisco qui est un magnifique bâtiment qui fut complétement détruit suite au tremblement de terre de 1583 il fut reconstruit en 1613 avec l’appui du roi Philippe II d’Espagne. L’édifice a par la suite connu plusieurs transformations entre le XVIII et le XIXème siècle.

Pour faire une transition entre deux visites, nous faisons un créneau vers le Mercado Central pour faire un peu de shooping. Un peu déçus car ce marché n’est pas spécialement grand, beaucoup d’échoppes sont fermées et de nombreux restaurants qui occupent aussi le lieu sont plutôt des resto à touristes ce qui peut gâcher un peu le charme du lieu.

C’est maintenant au tour des parcs et jardins de nous accueillir dans leur sanctuaire de verdure et de silence, si nous faisons abstraction des touristes venus en nombre. Nous empruntons un joli chemin qui nous conduit au sommet de  la colline de Santa Lucia, la plus célèbre de la ville. Le parc est ombragé, arboré, la promenade est donc plus agréable. Au sommet il y a beaucoup de monde mais la vue à 360 ° sur la ville de Santiago est superbe.

Le second jour de notre escale à Santiago est consacré au quartier de Bellavista qui est réputé pour être un quartier où la fête nocturne bat son plein. N’étant pas spécialement des adeptes de ce style de soirées, nous déambulons dans ce quartier riche en oeuvres de Street Art et aussi pour aller contempler la vierge qui domine la ville depuis le Cerro San Cristobal qui culmine à 869 m d’altitude.

 

Après avoir déambulés dans le quartier de Bellavista en fonction des graffs aperçus nous arrivons au pied du Cerro San Cristobal par l’entrée de la rue Pio Nono donnant sur la Plaza Caupolicam. Nous patientons quelques minutes devant une bonne pizza et une bière locale, pour attendre l’ouverture du guichet du funiculaire nous conduisant au sommet en quelques minutes. En haut, nous arrivons sur une place bordée de petits snacks et boutiques de souvenirs mais elle donne aussi un joli panorama sur la ville de Santiago. Nous continuons en marchant jusqu’au pied du sanctuaire de l’Immaculada Concepción qui donne sur une petite chapelle ouverte face aux bancs installés en 1984 lorsque Jean Paul II a célébré une messe en plein air. La vierge, quant à elle, d’une blancheur éclatante et haute de 14 mètres, regarde en direction du quartier de Bellavista.
Le parc est très grand, tellement grand qu’il possède même un télécabine pour rejoindre différents lieux du parc (pas en fonctionnement le jour de notre passage). Nous décidons de redescendre par l’un des nombreux chemins et de rentrer à notre auberge de jeunesse.

A notre retour Aurèle remarque que nous avions noté quelque chose au sujet du Street Art ici à Santiago. Comment avons-nous pu (surtout moi d’ailleurs) oublier ça? Malgré la fatigue et le peu de temps qu’il nous reste avant le coucher du soleil, nous partons en quatrième vitesse vers le quartier de San Miguel qui dispose d’un musée à ciel ouvert. Mais stop j’en dit trop alors qu’un article spécial Street Art va bientôt vous en dire plus, alors un peu de patience.

Infos Pratiques :

  • 1 nuit par personne en dortoir de 4, à l’auberge de jeunesse Avion Rojo : 9166 pesos soit environ 12,30 €
  • Navette partagée de l’aéroport à l’hostel : 6900 pesos par personne soit environ 9,26€
  • 2 empenadas dans la rue : 2000 pesos soit environ 2,68€
  • 1 aller au funiculaire du Cerro San Cristobal : 1500 pesos soit environ 2 €
  • 1 trajet en heure de pointe dans le métro de Santiago : 760 pesos soit environ 1,02 €
  • 1 billet de bus de l’agence Pullman de Santiago à Valparaiso : 4000 pesos soit environ 5,37 €

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.