Jace en pleine action sur l'île de la Réunion

JACE : l’homme aux Gouzous

Située à environ 10 000 kms de la métropole, se trouve la magnifique île de la Réunion qui révèle ses charmes à tous les voyageurs qui débarquent. Nous sommes rapidement subjugués par ses volcans, ses plages, ses cirques, son rhum. Cette île magique abrite également des petites créatures qui se cachent dans tous les coins de l’île mais aussi dans le monde entier. Les initiés du Street Art auront déjà compris que je parle des Gouzous crées par l’artiste JACE.

Nous avons voulu en connaître davantage sur cet artiste incontournable. Bonne lecture et bonne chasse aux Gouzous.

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle JACE, je suis né au Havre, j’ai 44 ans. Je vis sur la magnifique Île de la Réunion depuis 1982 et je graff depuis 1989, j’ai créé le Gouzou en 1992 et depuis je le fais voyager un peu partout à travers la planète.

  • Comment as-tu découvert le monde du graffiti et pourquoi as-tu voulu plonger dedans à ton tour?

Dès l’adolescence j’ai découvert un livre qui s’appelait « Subway Art ». J’ai eu immédiatement un coup de cœur ! J’étais un enfant plutôt sage je trouvais, d’un coup, à travers le graffiti une manière de m’exprimer et de déborder du cadre dans lequel on m’avait installé. J’ai tout de suite fantasmé sur ces graffeurs new-yorkais qui passaient leurs nuits à peindre les métros!!

  • Pourquoi as-tu choisi de te nommer JACE ?

Je cherchais un blaze avec une connotation américaine mais qui en même temps avait une signification. J’ai donc pris les initiales de mes différents prénoms et noms de l’état civil et j’en ai fait un anagramme.

  • Où trouves-tu ton inspiration avant de réaliser une œuvre?

La société est suffisamment riche en événements. J’observe juste mon quotidien, mon entourage, avec un autre regard et j’essaie de le retranscrire à travers mes peintures…

  • Comment qualifierais-tu ton style ?

Techniquement, j’utilise le style de la bande dessinée que l’on appelle la ligne claire. Émotionnellement, j’essaye d’apporter de l’humour et de la fantaisie, de l’absurdité, de l’amour et de la poésie en même temps que je peux être provocateur ou lanceur d’alerte…

  • Comment qualifierais-tu le monde du Street Art aujourd’hui ?

Je suis assez partagé quant à ma vision du Street Art actuel :

D’un côté ce mouvement n’a jamais été aussi prolifique et créatif, régulièrement je découvre de nouveaux artistes avec des styles incroyables et de plus en plus d’entre eux parviennent à en vivre (j’en fais partie) et d’un autre côté il y a jamais eu autant de copieurs sans complexe, d’opportunistes et de profiteurs ! À l’origine le graffiti était un mouvement noble avec des codes de conduite et maintenant que cela s’est démocratisé, les nouveaux venus n’ont plus cette base déontologique solide.

  • Dans les années à venir quel projet souhaites-tu réaliser ? 

Cela fait des années que je rêve d’explorer Tchernobyl et d’y laisser ma trace, je ne désespère pas d’y aller dans les prochains mois.

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