Sapa, une ville en hauteur

Après une longue et presque interminable route de montagne, nous arrivons de nuit dans la ville de Sapa.
C’est la ville référence comme base de départ pour des treks, c’est donc aussi une ville très touristique. Que ce soit à la descente du bus, à votre hébergement, aux agences ou directement dans la rue, partout on vous proposera de réserver un trek.

Nous avons pris le temps de nous poser dans notre hôtel et de prendre connaissance des différents treks proposés. Après plusieurs heures de bus, pliés en quatorze morceaux, (surtout moi car Aurèle est de la bonne taille pour les bus vietnamiens) nous avions envie de nous dégourdir les jambes. Le trek du Fansipan correspond parfaitement à nos envies et c’est sans hésitation que nous réservons ce trek. Le Fansipan, c’est une montagne de 3 143m, point culminant du Vietnam.
Avant d’affronter le Fansipan, nous avons une journée de repos. Nous descendons en ville pour nous rendre au Ham Rony Resort qui malgré son nom n’a rien avoir avec. C’est un parc regroupant différentes zones dont un jardin d’orchidées, un point de vue sur le Fansipan et d’autres sur la ville et les montagnes environnantes, des grottes, d’autres jardins et des zones non comprises où des statues de dessins-animés trônent en plein cœur du parc. C’est agréable de se balader dans ce parc à l’écart du bruit de la circulation.

Les journées passent vite et il est déjà l’heure de faire ranger nos grands sac à dos (que l’hôtel gardera durant notre trek) et de préparer les plus petits avec notre essentiel de « survie ».
Après un petit-déj vite englouti, notre mini bus arrive avec déjà à son bord d’autres touristes ayant booké le même tour. Étant les derniers à embarquer, le bus file vers notre point de départ : le Parc national de Hoang Liên Son (qui est le même lieu de départ pour les cascades de l’Amour).

On nous compte pour s’assurer que personne ne manque et on nous donne notre quantité d’eau pour le trek ainsi que de jolis ponchos (qui ne résisterons pas longtemps à la pluie, ni à nos mouvements lors de l’ascension) pour nous protéger de la pluie qui tombe sans discontinuité, depuis déjà plusieurs heures. À 10h le départ est donné sous la pluie qui rend le chemin très glissant.
Chacun fait l’ascension à son rythme ce qui permet de trouver son allure sans trop de difficulté.

Au fur et à mesure que nous progressons, le « chemin » prend la forme d’un petit sentier pédestre de forêt, d’un chemin pavé, de marches, d’un mur d’escalade ou encore d’échelles. Cette multitude d’apparences rend notre marche moins monotone car durant toute notre ascension nous n’aurons pas d’autres réjouissances que celles-ci : pas de vue à couper le souffle à l’horizon à cause de la brume et des nuages. Les marches resteront notre bête noire car elles nous cassent le moral et mettent à rude épreuve notre beau physique.
À mi-chemin c’est l’heure de casser la croûte. Avant de passer à table nous enlevons nos affaires trempées et essayons de les faire sécher, mais c’est peine perdue. Nous reprenons des forces avec un menu froid composé de riz, de poulet, de tomates, de concombres, d’œufs durs et de bananes. Ce repas nous réchauffe peu mais les sourires reviennent lorsque nous apercevons un soleil timide arriver. Il réchauffe plus le cœur que notre peau ou nos vêtements mais au moins cela nous donne du baume au cœur.

Nous continuons notre ascension et après 3 heures d’effort supplémentaire nous arrivons au refuge. Une grande baraque avec un long couloir et de nombreuses chambres de chaque coté. C’est très spartiate et tout comme en Mongolie, nous dormirons par terre (et oui cela devient une habitude chez nous). Nous prenons le repas à 18h  dans une autre grande salle à la lumière de nos lampes frontales et retournons dans nos chambres. Nous échangeons avec nos colocataires d’un soir (2 philippins, 1 américain, 1 vietnamienne) et de fil en aiguille nous organisons un petit apéro à 2 800 mètres d’altitude ! Chacun cherche dans son sac de quoi alimenter ce petit moment décompression. C’est très drole et agréable mais rapidement la fatigue nous gagne et à 20h30 extinction des feux pour un réveil programmé à 3h30 du matin !

On se réveille en ayant l’impression de ne pas avoir fermé l’œil de la nuit. Est-ce à cause de la dureté du sol ou des ronflements de nos voisins ? Bref, nous rangeons nos affaires (qui n’ont pas du tout, mais alors pas du tout séchées) et nous attendons le petit-déjeuner avec impatience. Des bols fumants arrivent sur de grands plateaux. C’est un petit-déjeuner de compét’ : soupe de noodles avec légumes, tofu et œufs, un vrai délice. Dans la nuit noire, à 5h, le guide sonne le départ pour la dernière ascension. C’est munis de nos lampes frontales ou de téléphones portables que nous éclairons le chemin semé d’embuches. Nous grimpons puis descendons et on se demande vraiment si nous allons atteindre le sommet un jour. Après deux heures de marche et une dernière ascension assez costaude, nous arrivons fièrement au sommet du Fansipan à 3 143 mètre d’altitude. Bon la vue n’est pas non plus au rendez-vous mais peu importe nous sommes fiers de notre aventure sur cette montagne. Bon la prochaine fois on espère avoir un joli panorama !

Pour la descente nous avons deux possibilités : soit reprendre le même chemin pour rentrer à l’hotel, soit prendre le télé cabine (à nos frais). Aurèle étant gelée et ayant des affaires humides tous les deux, nous décidons de prendre la deuxième option. Nous devons attendre une heure avant l’ouverture. On s’installe dans le complexe devant une bonne boisson chaude, cela nous réchauffe un peu même si nous rêvons plus de la douche chaude. Nous apprendrons une heure plus tard que l’eau est coupée dans notre hôtel et qu’il va falloir patienter deux heures avant de pouvoir se laver !

La pluie ne souhaitant plus nous quitter, elle décide de continuer à tomber pendant de longues heures après notre retour. Nous avons utilisé ce temps pour nous reposer avant d’avoir un peu de volonté et sortir dans le centre et de gouter une « spécialité »  du Vietnam : le stand de barbecue dans le coin de la rue. Le principe est simple : sur l’étale est disposé différents types de brochettes, vous choisissez celles que vous voulez manger et le tour est joué. Dès que c’est cuit on vous l’apporte, c’est un vrai régal. On doit vous avouer que nous n’avons pas toujours trouvé les ingrédients des brochettes mais nous avons toujours très bien mangé.

C’est avec plaisir que nous restons au lit le lendemain matin et que nous ne mettons pas de réveil. Faut pas oublier de se reposer après l’effort de la veille. Mais c’est pas pour autant que nous allons nous reposer sur nos lauriers. Nous avons loué un scooter pour parcourir les environs de Sapa. Pour avoir déjà conduit ce genre d’engin à Dien Bien Phû, nous savons que c’est agréable. Vu que le tarif est abordable nous décidons donc d’avoir chacun notre moto.

C’est le sourire aux lèvres que nous partons admirer la cascade d’Argent, hautes de 100m, à Thac Bac. Elle se trouve à environ 12kms de Sapa. L’entrée est payante mais comme la cascade se voit du bord de la route, nous continuons notre chemin. Après quelques kilomètres nous accédons au parking payant de la cascade de l’Amour (point de départ du Fansipan). Nous accédons rapidement à la cascade après une montée faite de marches et un petit parcours dans la forêt ! Nous prenons la pause et repartons rapidement, la cascade est chouette mais pas exceptionnelle non plus. Nous nous attardons plus longtemps sur le chemin du retour car de nombreuses petites bêtes se cachent parmi les plantes et les arbres. Promis les photos se trouvent juste en dessous. Nous poursuivons ensuite vers le col de Tram Ton, à 15 km de Sapa, à 1900m d’altitude, c’est le plus haut col du Vietnam. Puis nous terminons notre journée et notre séjour à Sapa en roulant sans destination précise. Nous stoppons là où nous apprécions la vue avant de reprendre nos bécanes et enfin rentrer avec une idée de pourquoi pas faire une virée plus longue.

Infos pratiques :

  •  Nuit à l’hostel Sapa Cardamom Boutique Hotel : 180 000 VND soit environ 7 € la nuit
  • Trek pour le Fansipan (deux jours et une nuit + 4 repas + eau + guide) : 1 362 000 VND soit environ 50 € par personne
  • Télécabine pour le retour si besoin : 60 000 soit environ 22 € par personne
  • Location de motocyclette (par l’hotel) : 120 000 VND soit environ 4 €
  • Essence : 15 000 VND / Litre soit environ 0,56 € / Litre
  • Sapa est l’endroit le plus froid du Vietnam. Très humide aussi, il est difficile de faire sécher des affaires.

Pour l’ascension du Fansipan il est préférable de partir avec un équipement de base et de bonne qualité :

– une bonne paire de chaussure, de préférence en gore tex

– une bonne veste de pluie voire un poncho

– une lampe frontale pour la nuit ainsi que l’ascension le deuxième jour

– quelques barres énergétiques ou des gateaux pour l’apport de sucre

– des affaires chaudes pour le soir. Pour les protéger de la pluie et de l’humidité, mettez les dans des sacs plastiques dans votre sac à dos. Apportez votre sac de couchage, ainsi vous éviterez ceux fournis qui sentent l’humidité.

– des affaires de rechange pour le lendemain en cas de pluie (rien ne sèche à 3 000 d’altitude quand il pleut en continu !)

 

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