3 villes et 3 thèmes : paysages, culture et histoire

Après la vie fourmillante de la capitale Hanoï, nous avons décidé de nous mettre au vert en parcourant le Nord du Vietnam : paysages magnifiques, diversités culturelles et Histoire seront au rendez-vous.

Nous avons pris un mini-bus privé (organisé par notre auberge de jeunesse) de Hanoï à Mai Chau, 4h de trajet.

MAI CHAU

Nous avons commencé par la province de Mai Chau, montagneuse et vallonnée, verte et luxuriante, parsemée de rizières, de lacs, de maisons sur pilotis. Située à 135 km au Sud-Ouest d’Hanoï, cela est tout de suite dépaysant. C’est la destination privilégiée des Vietnamiens lorsqu’ils sont en week-end. Nous y avons été en milieu de semaine jusqu’au dimanche. Nous avons ainsi pu découvrir les deux facettes de Mai Chau.

Nous avons donc séjourné 3 nuits à Mai Chau, petit village calme et paisible, niché dans les rizières. Nous étions dans une guesthouse, c’est-à-dire chez l’habitant, qui loue chambres et dortoirs. Seuls touristes accueillis à cette période, nous avons ainsi partagé la vie de Hao, de son épouse et de leur fille. Entre tours de vélos dans la campagne, marche dans les rizières, visite guidée en scooter avec Hao et son frère dans les environs, copieux diners préparés par son épouse, nous en avons pris plein la vue et plein l’estomac ! Nous nous sommes sentis bien à Mai Chau, village accueillant et chaleureux.

La population ethnique Thaï : dans la province de Mai Chau, il y a de nombreux villages de Thaï blancs, minorité éthnique. On remarque leur présence rapidement grâce à leurs habitations : leurs maisons sont construites sur des pilotis hauts d’1m50, en bois solide. La plupart du temps, il n’y a pas de porte ni de fenêtre. Le rez-de-chaussée est normalement consacré au bétail, mais de plus en plus de Thaï Blancs profitent de l’essor touristique pour y installer des chambres fermées pour la location ou des boutiques d’artisanat. De même, les costumes traditionnels ne sont revêtus que le week-end, laissant place à des vêtements occidentaux la semaine.

Le samedi soir, pour fêter le week-end, des festivités sont organisées : feux de joie, musique, danse, karaoké, spectacles de chants et de danses traditionnels. Nous avons eu la chance d’assister à l’un de ces spectacles.

Les rizières, les vallées, les montagnes, les lacs : chez Hao, nous avons eu la possibilité d’emprunter des vélos gratuitement, nous ne nous en sommes pas privés ! Nous avons roulé dans la campagne, un peu au hasard, au gré de nos envies. Nous avons parcouru des immenses rizières et plaines verdoyantes, traversé des petits villages, observé les femmes et les hommes travailler dans les rizières, longé les montagnes luxuriantes et les lacs, écoutés les bruits de la nature, croisés des troupeaux de vaches et de buffles, slalomé entre les chiens et les poules, respiré à plein poumon l’air pur, réparé le vélo à l’aide de locaux en baragouinant des onomatopées, regardé le soleil se coucher, le tout sous une chaleur parfois écrasante.

Hao et son frère nous ont permis de nous éloigner un peu du village en nous emmenant avec leur scooter découvrir les environs. Nous avons été aux cascades de Go Lao, où nous avons pu profiter d’une bonne pause. Nous n’avons pas osé nous baigner, nous avons juste trempé les pieds. Nous avons longé la Rivière Noire, avec de magnifiques vues sur une sorte de mini baie d’Along. Nous avons traversé des plantations de thé. Nous avons visité un élevage de poissons, la pisciculture étant l’une des activité des Thaï blancs.

La nourriture : nous avons tellement bien mangé chez Hao, puis d’une manière générale au Vietnam, qu’il nous semble important de vous parler de tous les mets que nous avons gouté. L’épouse d’Hao nous apportait systématiquement un grand bol de riz, puis 4 ou 5 petites assiettes avec différents mets (nems, courgettes, concombres, salades de pousses et cacahuètes, haricots, poissons frits, petits morceaux de poulet ou de boeuf, roulés de viandes), à chaque fois cela nous semblait colossal mais à chaque fois nous finissions nos assiettes !

  • Le thé : et plus spécialement le « thé des montagnes » comme le dit Hao. Servis dans des toutes petites tasses, re-servis dès qu’elles étaient vides, ce thé est disons… très amer…trop amer. Nous finissions par laisser toujours un peu de thé au fond de notre mini-tasse pour ne pas être resservis automatiquement.
  • Le miel : Miel des montagnes également, très doux, très savoureux, mangé le matin avec du pain, des œufs et de la vache qui rit…si si, tout ensemble, version Antoine !
  • Le riz : bien sûr incontournable, cuisiné collant, il est l’élément indispensable de la cuisine vietnamienne. Il est cuisiné quotidiennement, à tous les repas, et sert de base à tous les plats. Ensuite il est agrémenté de divers mets et sauces. Je ne vais pas vous faire un cours sur la culture du riz et son importance dans l’économie vietnamienne, mais je peux vous dire que pendant le mois passé au Vietnam, nous avons pu en voir différentes étapes. Nous avons vu le riz pousser dans 10 cm d’eau, très vert, très beau. Puis il a jaunit, ce qui veut dire qu’il est prêt pour la moisson. Nous avons donc vu la récolte à l’aide de faucilles ou de lames. Une fois ramassé, le riz est séché, puis séparé des tiges, sur de grandes bâches. Faute de place dans les maisons, de nombreuses bâches, alignées les unes à coté des autres, se trouvent directement sur les routes empruntées par de nombreux bus, camions, scooters. Quand le riz est coupé, ce sont les buffles qui profitent des terrains.
  • Les fruits : nous connaissions déjà la plupart des fruits (ananas, litchis, mangues, fruits de la passion) mais nous avons découvert le fruit du dragon ou Pitaya. Enveloppée d’une peau épaisse rose, la chair est rose ou blanche avec des petits grains noirs. C’est un fruit gorgé d’eau dont le goût n’est pas très prononcé.
  • Le Pho : soupe nationale vietnamienne consommée à tout moment de la journée. La base est un bouillon avec des oignons, épices et plantes, on y ajoute la plupart du temps des nouilles de riz et du boeuf coupé en fines lamelles.
SON LA

Après notre séjour à Mai Chau, nous avons continué notre route vers la ville de Son La, située au Nord-Ouest, au pied des Alpes Tonkinoises. Nous avons pris un bus local, 3h30 de trajet pour 170 km environ (je vous reparlerais des transports au Vietnam, c’est plutôt…intéressant).

Son La n’a été qu’une ville étape pour nous, alors je vais seulement vous en parler rapidement. Nous étions dans un hôtel pas très propret ce qui ne nous a pas donné non plus l’envie de prolonger notre séjour. Nous n’y avons passé qu’une seule nuit.

Pas assez de temps malheureusement pour nous éloigner de la ville, car il parait que les paysages sont superbes. Oui peut-être. Surement même. En tout cas, la ville en elle-même n’est pas très grande, et il ne semble pas y avoir beaucoup de choses intéressantes à y faire. Nous nous y promenons, prenons un verre au-dessus d’un point d’eau dans le centre-ville.

Le Lonely Planet parle d’une tour d’observation, perchée au-dessus de la ville. Pourquoi pas ! Elle se situe à environ 2,5 km de l’hôtel. Nous traversons la ville à pied, sans intérêt, en slalomant entre les scooters garés sur le trottoir, pendant environ 30 mins. L’accès n’est pas évident à trouver, il est caché derrière une maison d’une petite rue. Une personne nous confirme que nous sommes sur la bonne voie et 30 secondes plus tard, c’est la flopée de marches que nous voyons apparaître qui nous confirme que nous sommes effectivement sur la bonne voie. Nous grimpons, grimpons, grimpons, les marches escarpées, sous une chaleur de plus en plus écrasante. Peu à peu, les bruits de la forêt ont remplacé les bruits de la ville. Nous mettrons 25 mins à grimper tout là-haut, en faisant quelques petites pauses, juste histoire de prendre des photos bien sûr ! Le paysage est magnifique et la vue sur la ville est étonnante. En haut se trouvent des habitations. On se dit que l’on n’aimerait pas habiter là ! Nous redescendons en mettant un peu moins de temps et faisons le chemin inverse jusqu’à l’hôtel où nous rêvons d’une bonne douche et de changer nos vêtements trempés par l’effort.

DIEN BIEN PHU

Nous quittons Son La, en direction de la ville de Dien Bien Phu, ville chargée d’histoire. Nous prenons de nouveau un bus local pour 4h30 de route.

Nous arrivons dans une guesthouse à deux pas de la gare routière. C’est plutôt propre, nous avons une grande chambre et une petite salle de bain privative. Nos hôtes ne parlent pas du tout anglais, alors dans ces cas-là on dit merci à Google Traduction, parce que nous, on n’est pas très doués en mimes.

Nous sommes restés deux jours à Dien Bien Phu : une journée consacrée à la ville et une journée consacrée aux environs.

La ville : la ville est chargée d’histoire donc, car c’est ici que s’acheva l’ère coloniale, avec la débâcle de l’armée française en 1954. La guerre d’Indochine s’acheva avec la signature des accords de Genève, marquant la fin de la présence française au Vietnam, au Laos et au Cambodge. Je ne vais pas non plus faire un cours d’histoire (car je suis un peu quiche en histoire) et si vous voulez plus de renseignements n’hésitez pas à regarder sur Google. Je vais juste vous parler de 2/3 trucs en lien avec nos visites, histoire de comprendre un peu quand même.

La ville est assez importante et plutôt moderne (grands boulevards, bâtiments officiels). Elle dispose d’un aéroport avec des liaisons quotidiennes pour Hanoï.

Nous avons commencé par le Monument de la Victoire, dominant la ville. Nous devons nous acquitter de quelques dongs pour grimper les 359 marches qui nous séparent de la statue. Mis à part d’avoir une belle vue sur la ville, nous faisons vite le tour de la statue et du petit « jardin » laissé à l’abandon. Toutes les indications sont uniquement en vietnamiens. Pas indispensable cette visite.

Nous nous dirigeons ensuite vers la Colline A1 (appelée Eliane par les français), l’une des cinq positions avancées des troupes françaises, peu à peu encerclées par le Viet-minh qui a réussi l’exploit de transporter de l’artillerie lourde à travers la jungle. Le colonel Charles Piroth, qui commandait l’artillerie du camp français se suicide alors dans son abri. Un système sophistiqué de tranchées et de tunnels permet au Viet-Minh d’atteindre les positions françaises. La France, refusant de recourir aux bombardiers américains ou d’utiliser la force nucléaire, se rend au Viet-minh après 57 jours de siège et renonce à l’Indochine. Tout ça, nous l’avons appris du Lonely Planet. Car la Colline A1, sorte de musée, payant, est encore une fois uniquement en vietnamien. Nous passons tout d’abord dans une première pièce composée de photographies poussiéreuses. Un milieu, trône une reconstitution de la Colline, à l’époque des combats, là aussi poussiéreuse, abimée et cassée. Nous continuons la route en déambulant sur la colline, croisant parfois des monuments aux morts, des tanks, des tranchées, un cratère. Pas très inspirés par ce que nous ne comprenons pas, nous ne resterons pas bien longtemps. Et déçus, nous décidons de zapper le musée.

Nous enchainons avec le cimetière de Dien Bien Phu. Là, en hommage aux victimes vietnamiennes, chaque pierre tombale porte l’étoile dorée du drapeau vietnamien et un bouquet d’encens. Le cimetière est bien entretenu, c’est calme et apaisant. Apparemment payant (petit écriteau sur un petit carton à peine visible), nous ne verrons pourtant personne aux alentours.

Nous loupons le Mémorial aux Soldats Français et le bunker du Colonel de Castries car je pense que nous n’étions pas sur la bonne route. C’est ballot.

Nous arrivons ensuite au pont Muong Thanh, fermé aux véhicules à quatre roues. Désolés, pas plus d’infos sur ce fameux pont censé être connu.

Tout de suite après le pont, nous traversons un immense marché…endormi. C’est l’heure de la sieste. Le marché est désert et les vendeurs dorment. Nous en profitons pour observer les étalages, pour une fois que nous ne sommes pas alpagués.

A la sortie du marché, une petite mamie nous hèle « hello, hello » et nous montre des cannes à sucre. Nous nous approchons et elle nous propose deux verres de cannes à sucre. Nous acceptons, curieux d’y gouter. Elle nous installe sur les fameuses tables et tabourets en plastiques que l’on voit partout sur les trottoirs. On la voit râper/éplucher la canne à sucre à l’aide d’une machette, puis l’introduire dans une machine qui l’aplatit pour n’en retenir que le jus. Des glaçons, une paille, et le tour est joué. C’est délicieux ! Je vous le conseille !

Nous finissons la journée à déambuler dans les petites rues animés de la ville.

Les environs : après avoir observé la circulation de scooters à Hanoï, après avoir emprunté des scooters avec des guides à Mai Chau, nous avons sauté le pas à Dien Bien Phu ! Nous avons loué notre propre scooter ! Bon ok, il n’avait qu’un rétroviseur, il n’avait plus le compteur de vitesse et il était à sec mais c’était notre scooter ! Je vous parlerais dans un autre article des « règles » de circulation. Là, je vais juste vous dire que c’était le pied ! Munis de nos superbes casques (rose Hello Kitty trop grand pour moi, jaune trop petit pour Antoine), nous avons bravé la route tel Easy Rider ! Au début, nous avons roulé dans la ville. Installée derrière Antoine, j’étais son angle mort et son rétroviseur manquant, nous avons formé une bonne équipe car nous nous en sommes sortis comme des chefs. Peu à peu, nous nous sommes éloignés et très vite les routes goudronnées sont devenues des chemins caillouteux, très sinueux, très en pente. C’est Antoine qui a géré cette première partie, en prenant son temps, en essayant de repérer la meilleure trajectoire possible pour ne pas abimer le scooter. Nous avons grimpé, grimpé, traversant de temps en temps un petit hameau. Personne en vue, ni autre scooters, ni camion, ni voiture, parfait pour un début. Nous nous arrêtions au gré de nos envies pour admirer les paysages qui s’offraient à nous. J’ai ensuite pris le guidon à mon tour, et nous avons alterné ensuite tout au long du parcours. Au final, nous avons roulé pendant 3h, la nuit tombant dès 18h. Nous aurions bien continué encore longtemps, mais nous aurons d’autres occasions ! Nous avions pour objectif d’aller voir un lac situé à une vingtaine de km, mais nous nous sommes perdus en cours de route, les applications de plan nous ayant laché dès que nous nous sommes trop éloignés de Dien Bien Phu. Pas grave, c’était une très chouette balade et nous retenterons l’expérience à Sapa, notre prochaine destination !

Infos pratiques :

Prix du mini-bus Hanoï-Mai Chau : 330 000 dong/pers, soit environ 12€

Prix d’un repas colossal chez Hao : 80 000 dong/pers, soit environ 3€

Prix d’une nuit chez Hao Homestay : 220 000 dong la chambre double, soit environ 4€/pers

Prix du bus de Mai Chau à Son la : 200 000 dong/pers soit environ 7€

Prix d’une grosse brioche : 5000 dong, soit environ 0,19€

Prix du bus de Son La à Dien Bien Phu : 97 000 dong/pers, soit environ 3,65€

Prix d’un verre de jus de canne à sucre : 10 000 dong soit environ 0,37€ !

Prix pour accès au Monument de la Victoire (même prix pour la colline A1) : 15 000 dong/pers soit environ 0,56€

Le terminus d’un bus local se situe à la gare routière de la ville de destination. Pensez donc à repérer votre hébergement par rapport à la gare routière.

Vous pouvez demander au chauffeur du bus local de vous arrêtez où vous le souhaiter.

 

7 réflexions au sujet de « 3 villes et 3 thèmes : paysages, culture et histoire »

  1. Bonjour les globes trotters. Vous êtes de vrais repoters. Merci pour ces jolies photos et ces diverses explications. Vraiment dépaysant. Bon voyage.

  2. Salut Auwèle, Salut Antoine,
    Un très grand merci pour la carte postale. ça me touche beaucoup 🙂
    Quel plaisir de vous voir sur les photos !!!!
    Des paysages magnifiques et des commentaires qui nous font ressentir ce que vous vivez.
    Hâte à la suite….
    Je vous embrasse

  3. Oh la la ! Ca faisait 1 mois que je n’avais pas pris de vos nouvelles à travers votre blog. Quel plaisir de vous lire et de profiter de vos photos. Et désolé Antoine mais j’ai vraiment eu un faible pour la photo d’Easy Rider sur son scoot !!!! Bises.
    Bonne continuation et à bientôt… J’espère.
    Kenavo

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