Les transports au Vietnam

Dans cet article, nous avons souhaité vous parler des moyens de transport que nous avons utilisé au Vietnam. En cumulé, nous sommes tout de même restés une soixantaine d’heures dans des bus locaux,  3,5 jours sur un scooter, et 1 journée sur un vélo. Nous avons également empruntés cinq taxis. Sans compter les kilomètres effectués avec nos petites jambes et les milliers de marches gravies.

Commençons par le bus local, c’est tout un poème !

Le bus local

Le bus en lui-même : il dispose d’une vingtaine de places, il est souvent gris/marron, en plus ou moins bon état et plus ou moins propre. Nous concernant, nous n’avons jamais eu (trop) à nous plaindre. Le seul bus susceptible d’être en mauvais état n’est jamais parvenu à la gare routière car en trop mauvais état justement. Les places sont petites, aussi bien au niveau du dossier (Antoine le dépasse d’une bonne tête), qu’au niveau de la place pour les jambes (les genoux cognent contre le dossier du passager devant). Il est climatisé, et ça c’est plutôt une bonne nouvelle, sauf quand au bout de 8h de route on commence à avoir froid alors qu’il fait 30°c dehors, attention aux chocs thermiques ! La décoration peut être inexistante tout comme elle peut être pleine de fanfreluches. La destination et les éventuels arrêts sont indiqués devant le bus, pas d’erreur possible. Les sacs ou affaires volumineuses peuvent être mis dans le coffre, sur le toit ou dans le couloir du bus. Pas d’inquiétude pour votre backpack, il sera bien traité (mettez tout de même la raincover pour le préserver un peu).

La route : comme dit précédemment, la route peut être pleine de rebondissements. Vous pourrez ainsi voir le chauffeur doubler un camion, dans un virage à tête d’épingle, en pleine montée sans aucune visibilité. Au moins ça met du piment dans le voyage. La route sera en plus ou moins bon état : goudronnée -> ça c’est facile ;  goudronnée à nids de poule -> voir le bus slalomé entre les nids de poule et aller de gauche à droite sur la route sans se soucier de personne est… parfois un peu stressant ; chemins caillouteux -> il faudra être très patient car le bus va alors très très lentement. La route est également très sinueuse et très vallonnée. Rarement plate donc, le chauffeur saura jouer des coups en frein en descente et saura faire surchauffer le moteur en montée. Ne pas s’inquiéter quand il s’approche d’un ravin, il maî-tri-se ! Je vous ai déjà parlé des chiens, poules, cochons, vaches, buffles, (enfants), qui peuvent parfois se promener sur la route…sachez qu’il n’y a eu aucun accident à déplorer pendant tout notre séjour ! On a quand même serrer les fesses souvent.

Le chauffeur et le rabatteur : vous n’aurez que très peu de contact avec le chauffeur. Souvent le même, qu’il conduise 2h de route ou 10h, qu’il baille à foison ou non. Parfois discret, parfois bavard avec les autres passages, il sera également souvent au téléphone, pilotant d’une main les slaloms entre les scooters, animaux, autres véhicules, bâches de grains de riz et les ravins. Mais n’ayez pas peur, il manie le klaxon comme personne !

Le rabatteur a plusieurs rôles : celui d’appâter les potentiels passagers avant le départ du bus puis celui d’accueillir les passagers, de vérifier leur destination ainsi que leur ticket, celui de récolter l’argent (si le ticket n’a pas été acheté au préalable) puis de placer les gens (ou non). Il est également en charge de ranger les sacs, affaires, colis des passagers. Il prendra soin de grimper sur le toit en pleine pluie battante pour protéger les affaires qui y étaient installées. Il accueillera les passagers en cours de route qui auront fait un petit signe de la main. Il ouvrira la porte lorsque le bus entrera dans un petit village pour demander à qui veut bien rentrer dans son bus. Bienveillant, il prendra soin de ses passagers.

Les autres passagers : souvent discrets mais toujours souriants, on les sent souvent intrigués par la présence de touristes dans leur petit bus local. Parfois cela restera un sourire dès que le regard se croise, d’autres tenteront les « Hello », d’autres feront une petite approche via l’aide d’un bébé par exemple (regarde mon joli bébé, regarde, mais regarde !), et enfin il y aura ceux qui seront plus tactiles : et vas-y que ça te tâte la barbichette, que ça te tâte le bras ou que ça compte tes grains de beauté. Jamais trop insistants non plus, cela reste toujours bon enfant, ça fait bien rire tout le monde et puis la vie reprend son cours. Nous aimons ces moments là.

Les passagers vietnamiens seront également sensibles aux routes sinueuses et s’avèreront être fragiles de l’estomac. Le rabatteur aura d’ailleurs toujours un petit sac à vomi pour les personnes malades. Je n’ose pas rentrer dans les détails mais sachez qu’en 5h de route, 3 petites dames se seront relayées entre elles pour vomir toutes les demi-heures. Et vas-y que je te jette ensuite le petit sac plastique par la fenêtre, dans la belle nature. Ames sensibles du vomito s’abstenir. Dans ces moments là, la musique via écouteurs s’avère très utile.

La fonction livraison de colis : eh oui, le mini-bus a également pour vocation la livraison de colis ! Parfois plus nombreux que les passagers eux-mêmes, ils pourront prendre de la place, beaucoup de place dans le mini-bus. Alors, c’est simple, on rabat les sièges des passagers pour faire un méga couloir où entreposer les colis ! Mais pas question de refuser des passagers pour autant, alors chacun s’entasse comme il le peut sur les colis. Bon à ce point là c’est rare quand même. La plupart du temps, le coffre, la banquette arrière et/ou le toit suffiront.

La nature du colis ? Absolument de tout. Souvent emballés dans des cartons, toutes les tailles et poids semblent être acceptés. Il y a également des objets de construction (longues barres métalliques), de mécanique (moteurs), du grain/riz, des bouquets de fleur, et des animaux. Oui oui, de la petite poulette enfermée dans un sac à patate aux quatre biquettes entassées dans un petit panier percé perché sur le toit. Là aussi les écouteurs sont utiles si vous ne voulez pas entendre les biquettes brailler tout le long de la route. Les pauvres.

Le bus s’arrêtera donc régulièrement pour distribuer ou ramasser un colis.

Conseils

  • Achetez au maximum vos tickets de bus à la gare routière : cela évite les « prix-touristes », d’autant plus que les tarifs sont généralement affichés. Le guichetier vous remettra un bon à montrer au rabatteur. Pas de soucis d’échange d’argent.
  • Repérez la gare routière par rapport à votre lieu d’hébergement. Au fil de notre voyage, nous essayions de trouver des hébergements à mi-chemin entre la gare routière et le centre-ville.
  • Montrez votre lieu d’hébergement au rabatteur, le chauffeur pourra peut-être vous déposer directement devant votre hotel.
Le scooter/la moto

Le scooter est le mode de transport privilégié des vietnamiens, c’est l’un des pays où l’on possède le plus de scooters par habitant. Parfois seul, parfois à 4 ou 5 sur leurs montures (adultes et/ou enfants), parfois trainant des remorques, parfois véhiculant des animaux, parfois avec casque (qui ne répondent pas aux normes à 80%), parfois sans (pourtant obligatoires depuis 2007), parfois en amazone, parfois en téléphonant ou textotant, parfois discutant avec le scooter voisin, parfois le tout mélangé, les vietnamiens ne semblent pas avoir de limite. Je ne vous parlerais pas du taux de mortalité, sinon vous ne voudrez pas lire la suite de l’article !

Pour conduire au Vietnam, depuis le 1er décembre 2014, vous pouvez présenter votre permis international accompagné de votre permis de conduire français, y compris si vous résidez au Vietnam. Nous concernant, on ne nous a jamais demandé aucun permis pour louer un scooter automatique ou à vitesse.

Quoi conduire ? Scooter automatique ou moto/scooter à vitesses ? je ne sais pas comment ça s’appelle… en fait il s’agit d’un mix entre une moto et un scooter. Ca a le look d’un scooter mais il y a des vitesses à passer, mais sans embrayage. Vous me suivez ?

Nous concernant, Antoine a déjà fait du scooter pendant ses années folles et moi (Aurèle donc), je suis titulaire du permis moto en France. Pendant notre séjour nous avons loué les deux et nous avons été à l’aise.

Les vitesses : elles se changent au pied, à gauche. Le « N » vert vous indiquera le point mort. Pour passer les vitesses, il faut utiliser la manette au pied gauche avant : vitesse 1 -2 – 3 et 4. Pour rétrograder, c’est la manette au pied gauche arrière. Pas facile d’expliquer, une photo sera plus parlante.

Si vous ne le sentez pas de passer des vitesses, la plupart des loueurs auront des vrais scooters à vous louer, c’est-à-dire automatiques, sans avoir à changer de vitesse. Il n’y aura que l’accélérateur à utiliser.

Les freins :  sur les scooters automatiques, ils se trouvent au guidon. Sur les scooters à vitesse, le frein avant est sur le guidon à droite et le frein arrière est un frein au pied à droite.

Où louer ? Votre hébergement aura surement quelques scooters à vous louer. Sinon, il y a des loueurs un peu partout dans les rues (pour nous ça a été le cas à Dien Bien Phu, Sapa, Ha Giang, Cat Ba, Tam Coc, …). Le loueur vous demandera surement votre passeport en guise de caution.

Je ne saurais pas vous dire ce qu’il se passe en cas de panne, en cas d’accident matériel ou corporel, car cela ne nous est pas arrivé.

Combien ? En moyenne 100 000 Dong/scooters/journée, soit environ 3€70. Négociable. Le scooter sera souvent loué sans essence, il faudra donc commencer par ça. Il faut compter entre 40 000 et 50 000 dong pour faire le plein (15 000 dong le litre). Un plein tient facilement la journée.

Avantages : c’est top de pouvoir découvrir une région en toute autonomie, de pouvoir s’arrêter où l’on veut pour prendre des photos. Ca permet de gagner du temps pour se rendre d’un point A à un point B, par rapport au vélo par exemple. Et puis c’est tellement agréable !

Inconvénients : l’état parfois limite du scooter (compteur de vitesse qui ne fonctionne pas, rétros qui ne tiennent pas, casques non adaptés).

Comment se lancer ? Personnellement, nous avons franchi quelques étapes avant de se lancer :

  1. Observation passive la circulation des scooters : essayer de comprendre les règles de circulation (qui est prioritaire ? à quoi sert le klaxon permanent ? …). Nous avons également traversé des routes à pied pour voir comment les scooters s’adaptaient aux piétons. Notre terrain de jeu a été la ville d’Hanoï, idéale pour ça.
  2. Observation active : à Mai Chau, notre hôte nous a proposé une balade à scooter pour visiter la région. Ainsi, chacun derrière son guide respectif, nous avons pu observer le maniement du klaxon, les changements de vitesse, les freinages, les slaloms…
  3. On loue notre premier scooter à vitesse à Dien Bien Phu ! Antoine s’entraine dans la petite cour du loueur en faisant quelques aller-retours. Moi je m’entrainerais plus tard sur une belle route où il n’y a pas grand monde également. Comme ça, no stress. Etre à 2 sur le scooter pour commencer nous a permis de nous entraider. Celui qui était derrière pouvait être des yeux supplémentaires pour le chauffeur (angles morts, attention nid de poule à gauche, attention au chien qui va débouler, etc.)
  4. A Sapa, on se loue un scooter chacun ! Et depuis ces expériences, nous avons quasiment loué un scooter dans chaque ville où nous nous sommes arrêtés.

Les règles de circulation : bon bin là ça va être assez dur de vous décrire les règles de circulation car je ne suis pas sûre que nous les ayons bien captées. Ce qu’on peut vous dire c’est que la règle d’or c’est d’utiliser le klaxon : quand vous dépasser quelqu’un (autre scooter, vélo, piéton) afin de les avertir et pour qu’il se pousse un peu ; quand vous voyez un chien/chèvre sur la route, vous pouvez essayer pour le buffle mais en général il n’en a rien à carrer ; dans les virages à tête d’épingle et que vous n’avez aucune visibilité, ça permet d’avertir le potentiel véhicule en face ; quand un scooter s’apprête à partir de son stationnement (ils ne font que trop rarement leur angle mort) ; quand un scooter prend une rue à contresens pour avertir les autres véhicules derrière vous. En gros, votre doigt restera en permanence sur le klaxon.

Concernant la priorité : c’est généralement au plus gros véhicule de passer en premier, l’autre devant s’adapter. Les bus ou camions vous klaxonneront toujours quand ils arriveront derrière vous, mais pas de panique, serrez votre droite et laissez-le passer. Si vous ne pouvez pas pour une quelconque raison, gardez votre calme et le bus patientera. Son klaxon c’est plus pour vous avertir de sa présence, afin de s’assurer que vous n’allez pas faire d’écart ou tourner sans regarder, que pour vous dire « allez dégage de ma route ».

Quelques conseils :

  • Evidemment soyez très prudent, prenez votre temps, roulez tranquillement (50-60 km/h), faites des pauses.
  • Faites attention à l’heure du coucher du soleil, car rouler de nuit peut vite devenir une galère et c’est très dangereux !
  • Sortez de la ville – ce n’est pas très intéressant de rouler en ville et ça peut être vite stressant.
  • Gardez un œil sur votre véhicule quand vous vous garez, ou privilégiez les parkings payants (de 5000 à 10 000 dong).
  • Pensez à prendre les coordonnées de votre loueur. En cas de pépin, vous pourrez toujours demander à quelqu’un de l’appeler.
  • Klaxonnez !

 

Le vélo

Autre alternative au scooter : le vélo ! Plus écologique, plus économique, plus sportif aussi. En effet, prenez garde aux nombreuses régions très vallonnées du Nord du Vietnam, les pentes sont souvent très raides (rarement en-dessous de 10%), alors dans le sens de la descente c’est cool, mais pour monter, c’est une autre histoire, surtout avec les vélos de location qui ne sont toujours pas de toute première fraîcheur.

L’état des vélos : souvent sans vitesse, c’est sur la force de vos jambes qu’il faudra compter ! Ils seront aussi difficilement réglables et rarement à votre taille. Bien vérifier les freins car sur une descente à 16%, sans frein, ça peut vite devenir angoissant. Quant à la selle, c’est quitte ou double.

Attention, ne faisons pas de notre cas une généralité. Nous n’avons loué des vélos qu’à deux reprises lors de notre séjour au Vietnam : à Mai Chau, idéal pour parcourir les rizières, et au Lac Babe, idéal pour faire le tour du lac, mais les alentours sont très vallonnés et difficilement accessibles en vélo (à moins d’être à côté pour le pousser).

Où louer ? A chaque fois nous les avons eu sur notre lieu d’hébergement. A Mai Chau, ils étaient mis à disposition gratuitement par notre hôte. Vous pouvez également trouver des loueurs dans le centre des villes.

Combien ? Au Lac Babe cela nous a couté 50 000 dong/vélo soit environ 1€85.

Les taxis

Nous n’avons utilisé les taxis que lorsque nous arrivions dans une nouvelle ville et que sa gare routière était située trop loin de notre hébergement pour le faire à pied. Ce n’était donc que sur des distances assez courtes (moins de 10 kilomètres).

Lorsque vous êtes déposés dans une gare routière par votre bus, vous aurez à chaque fois le comité d’accueil « taxi ? taxi ? ». Eloignez vous un peu de la horde, sortez l’adresse de votre hébergement et adressez vous à un chauffeur. Sachez que les prix sont toujours négociables. Il faut évidemment négocier le prix avant le trajet, et ne payer qu’une fois vos sacs restitués.

Il y a les taxis voiture et les taxi moto qui sont également très répandus. Par exemple, de Cho Ra au Lac Ba be, nous avons pris un taxi moto, pendant au moins 45 mins. Et bien, avec un backpack de 40L sur le dos, c’est pas toujours évident !

 

A pied

Etre piéton en ville : il faut bien savoir que le piéton n’est absolument pas prioritaire, il est même d’ailleurs plutôt une gène. Vous pensez être en sécurité sur les trottoirs, mais non, ils sont faits pour garer les nombreux scooters voyons ! Il ne sera donc pas rare de voir un scooter rouler sur le trottoir. Quant à vous, eh bien il faudra slalomer entre les scooters ou marcher sur la route.

Pour traverser une rue, ne compter pas non plus sur le passage piéton ou sur le bonhomme vert pour vous protéger. Rien à secouer du bonhomme vert, il n’existerait pas ce serait pareil. Donc, regardez bien avant de traverser, à gauche, à droite, encore un peu à droite, à gauche… tout en sachant que les scooters peuvent rouler à contre sens même dans une rue à sens unique, si si, donc hop encore un droite-gauche-droite-gauche avec votre tête. De quoi donner le tournis !

La règle numéro n°1 pour traverser : ne pas courir, mais avancer doucement, petit à petit, en regardant bien dans les deux sens. Ne pas accélérer. Si vous êtes stoppés au milieu d’une rue à ne plus pouvoir avancer à cause de la circulation dense, ne cédez pas à la panique. Attendez le prochain créneau, faites un geste de la main si besoin, et repartez en marchant lentement. C’est impressionnant les premières fois, mais on s’y fait.

Les belvédères : pour prendre un peu de hauteur sur une ville et s’offrir un beau panorama et une belle vue, nous repérions toujours les belvédères grâce à l’application maps.me (application de carte qui fonctionne hors-ligne). Souvent situés dans la ville, en périphérie, ils sont facilement accessibles et gratuits (la plupart du temps).

Il faut juste se préparer mentalement à franchir une bonne flopée de marches et y laisser quelques suées. Nous avons toujours été ravis du résultat et nous avons toujours découvert de superbes endroits.

Nous espérons que ces conseils et remarques vous seront utiles si vous voyagez au Vietnam !

 

2 réflexions au sujet de « Les transports au Vietnam »

    1. Bonjour Brigitte, bonjour Michel ! Ça fait plaisir de vous voir ici 😊 Merci pour votre commentaire et nous espérons que vous continuerez à prendre plaisir à nous lire ! À bientôt !

Laisser un commentaire